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Garantir l'Impact: Atteindre les plus pauvres en maintenant l'autonomie financière des institutions et assurer l'amélioration de la vie des femmes les plus pauvres et de leurs familles
Anton Simanowitz
Programme Manager, ImpAct, Institute of Development Studies at the University of Sussex
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Innovations du Terrain: Un résumé audacieux d'un énorme phénomène
John K. Hatch
Founder, FINCA International
Sarah R. Levine
Amanda Penn
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Le renforcement du pouvoir d'action des femmes par la microfinance
Susy Cheston
Senior Vice President, Policy and Research, Opportunity International;
Executive Director Emeritus of the Womens' Opportunity Fund
Lisa Kuhn
Program Analyst, Opportunity International
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Financer la Microfinance pour la réduction de la pauvreté
David S. Gibbons
Managing Director, CASHPOR Financial and Technical Services, Malaysia
Jennifer W. Meehan
Financial Director, CASHPOR Financial and Technical Services, Malaysia
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AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE VIE: INTEGRATION DURABLE DE LA MICROFINANCE ET DE L’EDUCATION POUR LA SURVIE DE L’ENFANT, LA SANTE GENESIQUE ET LA PREVENTION DU VIH/SIDA AUPRES DES ENTREPRENEURS LES PLUS PAUVRES
Christopher Dunford, Président de Freedom from Hunger
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CRÉER DES FONDS AUTONOMES NATIONAUX ET SOUS-RÉGIONAUX DE MICROCRÉDIT
Dr Salehuddin Ahmed, Directeur général, Palli Karma-Sahayak Foundation (PKSF), Dhaka, Bangladesh
Résumé analytique:
Pour réaliser l’objectif du Sommet du microcrédit, atteindre 100 millions de familles très pauvres à travers le monde d’ici à 2005, différentes mesures doivent être prises en vue d’allouer davantage de ressources aux pauvres de la manière la plus efficace en regard des coûts induits. Le mécanisme de transfert de fonds, en particulier les fonds publics et les fonds des bailleurs, aux institutions de microcrédit par l’intermédiaire d’institutions de financement autonomes faîtières peut s’avérer efficace, rapide et économique. Il importe donc de créer des fonds de microcrédit (FMC) aux niveaux national et sous-régional. Les FMC peuvent assurer deux fonctions cruciales : intermédiation financière et mise en place d’institutions de microcrédit viables. La structure institutionnelle de ces fonds doit régler de manière efficace les problèmes juridiques et de structure du capital social, de gouvernance, de gestion et d’autonomie des FMC. La structure du capital social devrait combiner judicieusement l’État, la société civile et le secteur privé. Pour éviter toute ingérence politique et lourdeur bureaucratique, l’autonomie du fonds doit être reconnue par l’État et par toutes les autres parties prenantes. Rappelons que l’autonomie n’est pas un “don du ciel” ; elle nécessite un engagement politique du gouvernement. C’est une tâche difficile mais pas impossible, comme le montre l’étude de cas sur Palli Karma Sahayak Foundation (PKSF) au Bangladesh. L’un des principaux atouts des fonds de microcrédit autonomes est la possibilité de présélectionner et de suivre un grand nombre de programmes de microcrédit (PMC) suivant les mêmes critères normalisés, contrairement aux évaluations ‘ad hoc’ souvent incohérentes des PMC individuels par les bailleurs de fonds et les organismes publics. Les sources de financement des FMC peuvent inclure l’État, les organismes bailleurs de fonds, les institutions financières internationales, la banque centrale et les banques commerciales d’un pays. La condition ‘nécessaire’ de financement est que le gouvernement d’un pays engage ses propres ressources, autrement dit s’engager à aider les pauvres par l’intermédiaire d’un fonds de microcrédit autonome. Les fonds de microcrédit devraient suivre des normes et des procédures concrètes pour évaluer les organisations partenaires dans des domaines tels que : comptabilité et audit, gestion des retards et impayés, systèmes d’information de gestion, valorisation des ressources humaines et viabilité. Les études de cas de PKSF au Bangladesh, Fondo de Capital Social (FONCAP) en Argentine et Local Initiatives Department (LID) en Bosnie-Herzégovine illustrent les caractéristiques dominantes des fonds de microcrédit. Les aspects “processus” et “résultats” sont brièvement analysés dans les trois études de cas. Bien que ces trois cas diffèrent par leur nature et leur situation géographique, ils présentent des éléments communs : volonté des pouvoirs publics et des autres parties prenantes de poursuivre des opérations de microcrédit, relative autonomie des fonds, systèmes d’exécution rapides et efficients, bons systèmes de gestion et d’information, et évaluation des organisations partenaires basée sur les résultats. Aucun système n’est parfait, et les conditions dans lesquelles un système est mis en place ne sont peut-être pas parfaites, mais il faut avoir le courage d’introduire un mécanisme inédit tel qu’un fonds de microcrédit qui a déjà fait ses preuves dans d’autres régions du monde. Les critiques adressées aux fonds autonomes ont déjà été contredites par la réalité des faits. Ces fonds apex ont démontré les vastes possibilités qu’ils offrent pour venir en aide aux populations les plus déshéritées.
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Le défi du Sommet du microcrédit: Comment obtenir l'autonomie financière institutionnelle tout en préservant l'engagement d'agir auprès des familles les plus pauvres
David S. Gibbons, Directeur général, et Jennifer W. Meehan, Conseillère financière
Service des prestations financières et techniques CASHPOR
SOMMAIRE:
L’autonomie financière institutionnelle (AFI) est essentielle pour toute institution de microfinance (IMF) désireuse d’obtenir les sommes considérables nécessaires pour apporter une assistance réelle à un grand nombre de familles pauvres et très pauvres. L’autonomie financière institutionnelle et l’action auprès des plus démunis ne sont pas des concepts mutuellement exclusifs, comme le démontrent les réussites des IMF d’Asie, Afrique et Amérique Latine présentées sous forme d’études de cas à l’intérieur de cet article.
Pour procéder à l’identification économiquement efficace des femmes pauvres et très pauvres, il est crucial d’augmenter au maximum l’efficacité et la compétence des prestations de microfinance qui leur sont offertes. Dans les cas où ces prestations ne leur sont pas exclusivement réservées, l’institution devrait opérer avec deux systèmes différents de manière à éviter le plus possible toute dispersion de ressources vers les non pauvres.
Si ces activités sont gérées efficacement (systèmes de planification opérationnelle détaillés, contrôle précis des performances et préservation de la qualité du Portefeuille de prêts grâce à un ensemble de mesures d’incitation conçu pour la clientèle et le personnel), le secteur de la microfinance destinée aux familles les plus pauvres devrait leur permettre de recevoir la plus grande proportion des ressources. Il est crucial d’étudier très précisément les besoins des femmes des plus pauvres dans le domaine des services financiers pour que les produits financiers, aussi bien que le système d’allocation de ces services, soient conçus spécifiquement pour répondre à ces besoins.
Lorsque le microcrédit offert aux plus pauvres des familles est géré de manière efficace, son coût varie entre 35% et 51% du montant moyen du Portefeuille de prêts, cette variation étant fonction des conditions de fourniture du crédit. La plus grande partie de ce coût (50 % à 70 %) représente les frais de personnel versés des représentants locaux chargés de fournir les prestations financières aux femmes pauvres dans leurs villages, cela étant la seule manière de leur permettre de bénéficier de la microfinance. Les femmes les plus pauvres d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine ont montré qu’elles sont en mesure et sont disposées à payer le coût d’opportunité exigé pour réduire leur pauvreté et offrir un meilleur avenir à leurs enfants. Cela leur est possible du fait du taux de rentabilité extraordinaire de leurs microentreprises: 100 % en moyenne.
Dans la mesure où les états n’ont jamais réussi à offrir aux familles les plus pauvres un accès durable aux crédits, il leur incombe désormais d’élaborer un ensemble de directives et de réglementations favorables aux initiatives privées agissant dans le domaine. La toute première étape devrait consister à supprimer tous les plafonnements de taux affectant les prestations offertes aux pauvres, et à créer un statut juridique acceptable (et une structure de réglementation appropriée) pour les IMF agissant auprès des femmes des plus pauvres. De telles mesures devraient inciter les établissements bancaires commerciaux à financer les programmes de microfinance destinés aux familles les plus pauvres, supprimant ainsi les contraintes à l’expansion de celles-ci. C’est de cette façon que la microfinance destinée aux pauvres et aux femmes les plus démunies pourra se généraliser et que l’on assistera à une réduction significative de la pauvreté.
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Comment mesurer la transformation:
Évaluation et amélioration de l'impact du Microcrédit, DEUXIÈME PARTIE
Susy Cheston, Directrice exécutive, Women's Opportunity Fund
Larry Reed, Directeur général, Opportunity International Network
et Vanessa Harper, Lauren Hill, Nancy Horn, Suzy Salib, Margaret Walen
SOMMAIRE:
Nunya, adidoe, asi metunee o. (Akan and Ewe)
La science est le tronc d'un baobab qu'une seule personne ne peut embrasser
Proverbe en usage au Bénin, au Ghana et au Togo
Ce proverbe africain offre une bonne métaphore pour l’évaluation d’impactc’est une tâche aussi impossible que d’essayer d’embrasser le tronc d’un baobab. Mais en joignant nos forces, nous pouvons accomplir ce qui semble impossible à une ou deux personnes.
Lors du Sommet des Conseils sur le microcrédit organisé en 1999 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, nous avons tenté l’impossible et essayé d’appliquer ce proverbe. Nous avons invité les praticiens, les bailleurs de fonds, les consultants et les universitaires à se concentrer sur notre objectif ultime, faire sensiblement reculer ou éliminer la pauvreté dans nos pays clients. Nous avons également lancé un appel à l’action, en invitant les praticiens à prendre les devants et à élaborer des systèmes d’évaluation et de suivi d’impact qui utilisent des boucles de rétroactioninterne pour intégrer les informations recueillies sur le terrain dans les décisions prises par la direction. Utilisant l’analogie d’un audit financier, nous avons défini le concept d’audit d’impact:
- Fournit une analyse des tendances passées et produit des résultats comparables aux données d’impact antérieures;
- Intègre la collecte des données dans le système d’information d’une institution;
- Fait appel aux services internes, en limitant le rôle des experts extérieurs;
- Ne coûte pas plus que le suivi et la vérification des données financières
Un an plus tard, nous sommes satisfaits des progrès appréciables réalisés dans notre secteur. La Campagne du Sommet sur le microcrédit continue d’insister sur cette question, avec une mise à jour de notre premier rapport et en lui accordant la priorité dans les réunions régionales rganisées en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Nous sommes également iers d’annoncer la publication de la version préliminaire du Manuel sur l’évaluation ’impact SEEP-AIMS financé par l’USAID, la mise en place intégrale des utils aux Philippines et au Pérou, ainsi que les sessions de formation récemment ffertes aux États-Unis et au Kenya. Nous félicitons la Fondation Ford de s’être ointe à ces efforts avec un nouveau projet financé par une subvention de rois ans pour aider les praticiens à atteindre leurs objectifs d’évaluation ’impact. Enfin, nous saluons le maintien du groupe de travail sur l’impact u réseau SEEP pour promouvoir les échanges d’information entre homologues. nsemble, ces efforts démontrent que, tout comme une seule pesonne ne peut mbrasser le tronc d’un baobab, les praticiens ne peuvent créer ces systèmes eux seuls. Les bailleurs de fonds, les praticiens, les universitaires et les onsultants ont tous un rôle important à jouer.
Dans cette nouvelle version de notre rapport, nous continuons à mettre l’accent sur les praticiens en posant la question suivante: “en quoi consiste le suivi d’impact du point de vue du praticien?” Nous sommes conscients qu’il n’y a pas de réponse simple, pas de remède miracle pour répondre aux besoins de tous. Il faut du reste utiliser différentes combinaisons d’outils et systèmes selon le contexte et l’objectif poursuivi. Notre propos est d’examiner comment les responsables peuvent utiliser l’évaluation et le suivi d’impact comme outils essentiels de décision et d’apprentissage organisationnel.
Pour ce faire, nous prendrons le cas d’un praticien qui entreprend de mettre en place un système intégré de suivi d’impact qui, bien qu’il soit encore au stade embryonnaire, incarne le type de travail d’équipe mené par les praticiens que nous recommandons. Le Christian Enterprise Trust of Zambia (CETZAM) a travaillé en étroite collaboration avec son bailleur de fonds principal, le Département britannique pour le développement international (British Department for International Development - DFID), pour mettre en place un système bien intégré dans ses opérations courantes. Son expérience reflète un ensemble de besoins spécifiques alors qu’il met sur pied un plan d’expansion nationale afin de créer un système d’information fiable qui permette de prendre des décisions avisées. Mais, bien que les résultats soient préliminaires et que le système ne soit pas encore au point, l’expérience du CETZAM pourrait éclairer les problèmes communs auxquels se heurtent de nombreux praticiens. Parmi les questions soulevées citons:
- Comment le CETZAM a-t-il adapté et mis en place ses outils d’évaluation et de suivi d’impact?
- Quels sont les premiers résultats et comment les responsables les ont-ils utilisés pour prendre des décisions plus axées sur le client?
- Ces efforts sont-ils efficaces par rapport au coût? Sont-ils conformes aux règles d’un audit d’impact?
- Quelles leçons le CETZAM a-t-il tiré de cette expérience? Que reste-t-il à faire?
Le CETZAM a appris tout autant, sinon plus, du processus d’élaboration et de mise en place d’un système de suivi d’impact que des résultats préliminaires. Nous espérons donc qu’en partageant l’expérience du CETZAM, les autres praticiens pourront également tirer des enseignements de ce processus et réfléchir aux moyens d’utiliser l’évaluation et le suivi d’impact comme outil de gestion essentiel au service de leurs clients, tout en restant compétitifs et en remplissant leur mission de lutte contre la pauvreté.
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Comment mesurer la transformation:
Évaluation et amélioration de l'impact du Microcrédit
Susy Cheston, Directrice exécutive, Women's Opportunity Fund
Larry Reed, Directeur général, Opportunity International Network
et Vanessa Harper, Lauren Hill, Nancy Horn, Suzy Salib, Margaret Walen
SOMMAIRE:
Présentation générale: la question de l'évaluation d'impact est l'une de celles qui continuent à poser problème aux praticiens du microcrédit, dont certains estiment que les études d'évaluation d'impact existantes sont sans valeur, alors que d'autres insistent qu'elles sont absolument nécessaires. Les auteurs voudraient voir instituer un nouveau modèle d'évaluation d'impact. Ils décrivent brièvement les principes essentiels des audits d'impact qui comprennent la mesure de la transformation chez les clients. Ils analysent également une série d'outils d'évaluation d'impact destinés aux praticiens du microcrédit et présentent rapidement les défis futurs auxquels devront faire face praticiens, bailleurs de fonds et théoriciens pour accroître l'utilité des efforts d'évaluation d'impact.
Résumé: le débat sur l'évaluation d'impact conduit forcément à la question suivante: « Mesurer l'impact, d'accord, mais dans quel but ? ». Les auteurs voudraient voir adopter des outils d'évaluation d'impact qui ne se limitent pas à incorporer les indicateurs d'évaluation financière mais qui puissent également indiquer la transformation chez les clients - et par transformation, nous parlons de modifications profondes dans la vie des personnes et de leur quartier ou région. Nous ne prétendons pas nier les problèmes attachés à l'évaluation d'impact, notamment les questions de rigueur théorique, de coûts et d'obligation d'expertise. Néanmoins, en dépit de ces problèmes, les auteurs dénoncent l'erreur qui consiste à supposer que le marché offre un indicateur adéquat de données d'évaluation d'impact et soutiennent que les praticiens du microcrédit devraient effecteur des évaluations d'impact afin de déterminer si les institutions de microcrédit ont atteint leur objectif officiel-l'allégement de la pauvreté.
C'est pour cela qu'ils demandent l'adoption et la mise en oeuvre d'outils d'évaluation d'impact conçus pour les praticiens du microcrédit et offrant un modèle nouveau de l'évaluation d'impact, un modèle qui soit basé sur le concept de l'audit d'impact. Ils relèvent les insuffisances des études d'évaluation d'impact traditionnelles et soulignent que l'audit ne doit pas être conçu comme un exercice théorique mais comme un outil de gestion interne. L'objectif en est tout à la fois de mesurer les résultats et d'améliorer les programmes analysés.
À partir de l'utilisation d'un modèle d'audit financier, nous offrons des directives générales dans le but et dans le cadre d'un audit d'évaluation d'impact, en privilégiant les critères que devraient utiliser les gestionnaires pour sélectionner des outils appropriés. Ces critères comprennent notamment les analyses de tendances à long terme, les comparaisons avec les données d'impact antérieures, la facilité de mise en oeuvre par le personnel existant et la possibilité d'incorporation au sein des systèmes d'information de gestion déjà en place, tout cela à des coûts comparables à ceux observés pour les audits financiers.
La première étape a consisté pour les auteurs à offrir un profil de chacun des quelques-uns des outils les plus utiles pour les praticiens du microcrédit à l'heure actuelle. Nous avons inclus une description de chaque outil, des exemples de questions ou de données recueillies et un résumé des point forts essentiels et des faiblesses de chaque outil. L'annexe contient également quelques présentations abrégées supplémentaires d'outils d'évaluation d'impact et d'autres ressources.
En dernier lieu, les auteurs appellent les praticiens du microcrédit à redonner à l'évaluation d'impact l'importance due à un outil de gestion essentiel. Ils invitent également les bailleurs de fonds à financer le développement d'outils faciles à reproduire et à récompenser les organisations qui les utilisent. Ils aimeraient encourager les experts-conseil à accroître leur expertise et leurs compétences en matière d'analyse de ces outils. Enfin, ils signalent que les clients ont besoin de comprendre que le succès des efforts d'évaluation d'impact dépend absolument de leur participation.
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COMMENT ELIMINER LES OBSTACLES A L’IDENTIFICATION DES FAMILLES LES PLUS PAUVRES
Comment éliminer les obstacles à l’identification des familles les plus pauvres: utilisation du Classement par évaluation participative de la richesse (PWR), de l’Indice du logement de CASHPOR (CHI) et d’autres outils de mesure de la pauvreté, de manière à identifier les familles les plus pauvres, en particulier les femmes dans ces familles, et à encourager leur participation aux programmes
Anton Simanowitz et Ben Nkuma, Fondation pour les petites entreprises, Afrique du Sud
Sukor Kasim, Associé de recherche principal, Université Sains Malaysia
SOMMAIRE:
Le microfinancement s’est avéré un mécanisme économique et efficace pour lutter contre la pauvreté dans le monde. Le Sommet du microcrédit de 1997[1] a défini son objectif comme suit: "atteindre 100 millions des familles les plus pauvres du monde[2]>, en particulier les femmes de ces familles, en leur fournissant du crédit pour s’installer à leur compte et d’autres services financiers et commerciaux d’ici l’an 2005." C’est un objectif ambitieux, car la fourniture de services de microfinancement aux familles les plus pauvres est un concept nouveau et que la plupart des institutions de microfinancement (IMF) touchent actuellement les pauvres et non les plus pauvres.
Le présent article porte sur la première étape de cet objectif: identifier les clients les plus pauvres. C’est une étape qui est généralement contournée ou omise dans l’empressement à lancer des programmes qui peuvent commencer à distribuer des prêts et à atteindre l’autonomie financière. Notre question est la suivante : comment le microfinancement peut-il bénéficier aux plus pauvres sans outil de mesure? Comment identifier ces familles sur le terrain et encourager leur participation aux programmes de microfinancement? Et comment mesurer l’impact si l’on ignore quelle est la situation initiale des clients?
Nous estimons qu’il est impossible de mettre en place des services de microfinancement pour les plus démunis sans procéder à un ciblage actif de la pauvreté. L’expérience montre que si l’on inclut des individus plus aisés, on risque de décourager les plus pauvres de participer. Par conséquent, même si notre objectif n’est pas d’atteindre exclusivement les plus démunis, nous risquons de ne pas les atteindre à moins d’utiliser un ciblage actif.
Ce n’est pas une question de coût ni de viabilité (bien que cela influe sensiblement sur le mode de ciblage de la pauvreté). Qu’un programme soit exclusivement ciblé ou non, l’expérience montre que pour atteindre les pauvres il faut mettre sur pied un programme spécifiquement conçu pour répondre à leurs besoins. Le ciblage de la pauvreté peut favoriser ce processus en sensibilisant aux différents besoins de différents types de clients et en permettant de cibler efficacement différents produits.
Beaucoup postulent qu’il est impossible, ou trop onéreux, de concevoir des instruments de ciblage de la pauvreté fiables. Plusieurs méthodes d’identification d’un bon rapport coût/efficacité sont cependant utilisées. Le présent article décrit deux méthodes de ciblage de la pauvreté qui permettent d’identifier efficacement les très pauvres et qui ont été rendues opérationnelles et utilisées à grande échelle avec des milliers de clients potentiels. D’autres approches moins familières sont également abordées brièvement.
L’Indice du logement de CASHPOR (CASHPOR Housing Index - CHI) utilise les conditions de logement externes comme mesure indirecte de la pauvreté et peut être très efficace lorsqu’il existe une relation homogène entre la pauvreté et les conditions de logement. Le Classement par évaluation participative de la richesse (Participatory Wealth Ranking - PWR) utilise les propres définitions et perceptions d’une communauté sur la pauvreté ; il utilise de rigoureuses méthodes de recoupement pour assurer la cohérence et l’exactitude des résultats. Les deux méthodes s’appuient sur les informations disponibles, collectent le minimum de données nécessaires pour effectuer un ciblage fiable et complètent le ciblage par un processus de motivation pour encourager les très pauvres à participer au programme.
Les deux méthodes sont spécifiques à chaque situation. Le PWR se fonde sur la connaissance approfondie d’une communauté sur ses membres et ne sera probablement pas efficace dans les situations où la communauté est peu unie ou s’il règne un climat de conflit et de méfiance. De même, le CHI part du principe qu’il existe une forte corrélation entre les conditions de logement et la pauvreté. Ce n’est pas une relation universelle, cela dépend fortement du contexte. Lorsque le CHI est adapté aux conditions locales, en incluant au besoin d’autres indicateurs non liés au logement et visibles de l’extérieur, l’Indice a plus de chances d’être applicable à un plus large éventail de situations.
Un troisième outil que nous appelons la méthode "de la liste de contrôle" consiste à établir une liste de mesures ou d’indicateurs de pauvreté basés sur la compréhension de la pauvreté au niveau local. Des points sont ensuite attribués à chaque indicateur et des seuils de pauvreté sont déterminés. Le seuil de pauvreté d’un ménage peut alors être calculé à partir de son score total ou du nombre d’indicateurs d’admissibilité.
Ces méthodes ne doivent donc pas être utilisées aveuglément mais adaptées aux conditions et aux besoins locaux. Plusieurs choix doivent être faits pour déterminer quels outils utiliser.
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Présentation de mécanismes permettant une meilleure allocation des ressources allouées par les bailleurs de fonds aux programmes de microcrédit locaux agissant dans le cadre de l'objectif et des thèmes de base du Sommet du microcrédit
Muhammad Yunus, Directeur général, Grameen Bank, Bangladesh
SOMMAIRE:
Si nous voulons atteindre l'objectif du Sommet du microcrédit d'offrir l'accès au microcrédit aux 100 millions de familles les plus pauvres du monde avant l'an 2005, nous devons garantir non seulement qu'une plus grande quantité de ressources soit affectée à la promotion du microcrédit, mais également que la méthode d'allocation de ces ressources aux institutions soit rentable.
D'une manière générale, les organismes bailleurs de fonds fournissent des fonds sous forme de subventions ou de prêts à faible taux d'intérêt aux programmes de microcrédit, l'état offrant sa garantie. Il s'ensuit que les coûts de gestion et d'administration liés à l'attribution de ces ressources sont souvent beaucoup trop élevés et que le montant réellement reçu par les pauvres est lui assez faible. Les bailleurs de fonds devraient agir pour s'assurer que la proportion des fonds qui atteint réellement les plus démunis atteigne le niveau de 70%.
Plusieurs facteurs contribuent aux mauvais fonctionnement des méthodes actuelles de distribution de leurs ressources par les bailleurs de fonds. L'un d'entre eux est la tendance des bailleurs de fonds à faire appel à des experts-conseil qui trop souvent ne possèdent ni les connaissances ni l'expérience du secteur du microcrédit nécessaires pour conseiller bailleurs de fonds et praticiens/intervenants à ce sujet. Les bailleurs de fonds qui veulent augmenter leur capacité à toucher les plus démunis devraient annoncer quel pourcentage de fonds attribué au secteur du microcrédit doit l'être sous forme de prêts aux plus démunis. Ils devraient également exiger de chaque antenne locale la publication de rapports annuels indiquant sa contribution en faveur de l'objectif établi pour le pays considéré. Il est nécessaire d'élaborer des directives précises pour imposer que les fonds soient bien attribués aux plus démunis. Ces informations devraient être communiquées aux membres du GCAPD et aux programmes locaux de microcrédit ou de capital (PMC), aux Fonds de microfinance et aux ONG. En dernier lieu, ces organismes devraient créer un mécanisme national de GCAPD et organiser au moins une fois par an une réunion destinée à analyser les progrès accomplis et à débattre des plans envisagés.
Le Sommet du microcrédit projetait qu'il faudrait réunir 11,6 milliards de dollars US sous la forme de subventions et de prêts à conditions favorables pour satisfaire l'objectif d'atteindre 100 millions de familles. Ces 11,6 milliards de dollars US supplémentaires pourraient être obtenus en augmentant le pourcentage des fonds d'Aide Publique au Développement (APD) atteignant les plus démunis jusqu'à ce qu'il atteigne le niveau de 5 %. Il est essentiel de mettre en place des Fonds de microfinance privés intermédiaires au niveau local et de réorienter les ressources des bailleurs de fonds vers ces institutions pour qu'elles puissent démarrer et soutenir des PMC.
Il existe deux exemples de Fonds de microfinance intermédiaires efficaces: la PKSF (Palli Karma-Sahayak Foundation), un organisme intermédiaire d'allocation de fonds aux PMC au niveau national, situé au Bangladesh, et le Grameen Trust, un organisme apportant financement et soutien technique à des PMC situés sur les continents asiatique, africain, européen et américain. La PKSF et le Grameen Trust ont fait la preuve de l'aptitude des Fonds de microfinance intermédiaires locaux à soutenir efficacement et de manière rentable les programmes de microcrédit.
Le GCAPD devra jouer un rôle de catalyseur essentiel pour instituer les modifications que j'ai décrites au sein de cette présentation. Sa mission officielle d'atteindre les plus démunis et le fait que ses membres comprennent tous les principaux bailleurs de fonds font du GCAPD l'organisme le mieux placé pour faciliter ces changements.
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