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CRÉER DES FONDS AUTONOMES NATIONAUX ET SOUS-RÉGIONAUX DE MICROCRÉDIT Dr Salehuddin Ahmed Ce rapport vise à poursuivre le programme d’apprentissage de la campagne du Sommet du microcrédit. La traduction, l’impression et la diffusion en ont été rendues possibles par un don de Grameen Foundation USA. Les vues exprimées sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les vues de la Campagne du Sommet du microcrédit ni de Grameen Foundation USA. Table des Matières Pour réaliser l’objectif du Sommet du microcrédit, atteindre 100 millions de familles très pauvres1 à travers le monde d’ici à 2005, différentes mesures doivent être prises en vue d’allouer davantage de ressources aux pauvres de la manière la plus efficace en regard des coûts induits. Le mécanisme de transfert de fonds, en particulier les fonds publics et les fonds des bailleurs, aux institutions de microcrédit2 par l’intermédiaire d’institutions de financement autonomes faîtières peut s’avérer efficace, rapide et économique. Il importe donc de créer des fonds de microcrédit (FMC) aux niveaux national et sous-régional. Les FMC peuvent assurer deux fonctions cruciales : intermédiation financière et mise en place d’institutions de microcrédit viables. La structure institutionnelle de ces fonds doit régler de manière efficace les problèmes juridiques et de structure du capital social, de gouvernance, de gestion et d’autonomie des FMC. La structure du capital social devrait combiner judicieusement l’État, la société civile et le secteur privé. Pour éviter toute ingérence politique et lourdeur bureaucratique, l’autonomie du fonds doit être reconnue par l’État et par toutes les autres parties prenantes. Rappelons que l’autonomie n’est pas un “don du ciel” ; elle nécessite un engagement politique du gouvernement. C’est une tâche difficile mais pas impossible, comme le montre l’étude de cas sur Palli Karma Sahayak Foundation (PKSF) au Bangladesh. L’un des principaux atouts des fonds de microcrédit autonomes est la possibilité de présélectionner et de suivre un grand nombre de programmes de microcrédit (PMC) suivant les mêmes critères normalisés, contrairement aux évaluations ‘ad hoc’ souvent incohérentes des PMC individuels par les bailleurs de fonds et les organismes publics. Les sources de financement des FMC peuvent inclure l’État, les organismes bailleurs de fonds, les institutions financières internationales, la banque centrale et les banques commerciales d’un pays. La condition ‘nécessaire’ de financement est que le gouvernement d’un pays engage ses propres ressources, autrement dit s’engager à aider les pauvres par l’intermédiaire d’un fonds de microcrédit autonome. Les fonds de microcrédit devraient suivre des normes et des procédures concrètes pour évaluer les organisations partenaires dans des domaines tels que : comptabilité et audit, gestion des retards et impayés, systèmes d’information de gestion, valorisation des ressources humaines et viabilité. Les études de cas de PKSF au Bangladesh, Fondo de Capital Social (FONCAP) en Argentine et Local Initiatives Department (LID) en Bosnie-Herzégovine illustrent les caractéristiques dominantes des fonds de microcrédit. Les aspects “processus” et “résultats” sont brièvement analysés dans les trois études de cas. Bien que ces trois cas diffèrent par leur nature et leur situation géographique, ils présentent des éléments communs : volonté des pouvoirs publics et des autres parties prenantes de poursuivre des opérations de microcrédit, relative autonomie des fonds, systèmes d’exécution rapides et efficients, bons systèmes de gestion et d’information, et évaluation des organisations partenaires basée sur les résultats. Aucun système n’est parfait, et les conditions dans lesquelles un système est mis en place ne sont peut-être pas parfaites, mais il faut avoir le courage d’introduire un mécanisme inédit tel qu’un fonds de microcrédit qui a déjà fait ses preuves dans d’autres régions du monde. Les critiques adressées aux fonds autonomes ont déjà été contredites par la réalité des faits. Ces fonds apex ont démontré les vastes possibilités qu’ils offrent pour venir en aide aux populations les plus déshéritées. Section 1. Justification d’un fonds de microcrédit autonome C’est la réalisation d’un rêve : les prêts portent chance aux femmes des communautés rurales
Le microcrédit s’est avéré un moyen de lutte efficace contre la pauvreté en offrant aux pauvres la possibilité d’avoir accès aux ressources et aux services financiers. Dans la plupart des pays du monde, bailleurs de fonds, entreprises, particuliers et pouvoirs publics fournissent des fonds à diverses institutions de microcrédit nationales (IMC) pour mener à bien des programmes de microcrédit (PMC). Pour réaliser l’objectif du Sommet du microcrédit, atteindre 100 millions de familles très pauvres à travers le monde d’ici à 2005, différentes mesures doivent être prises en vue de consacrer davantage de ressources à la promotion du microcrédit et de faire en sorte que ces ressources soient transférées aux IMC de manière optimale par rapport au coût. Le mécanisme actuel de transfert de fonds aux IMC, en particulier les fonds publics et les fonds des bailleurs, s’est avéré inefficace. Le coût total des transferts directs de fonds aux programmes de microcrédit (ou “détaillants”) est généralement élevé lorsqu’on prend en compte le coût des études de faisabilité, des missions d’évaluation, du suivi, de l’évaluation, des rapports à fournir, etc. C’est tout particulièrement le cas lorsque l’organisme de financement n’a pas de bureau permanent ni de personnel qualifié à proximité du PMC financé. Les PMC doivent avoir facilement accès à un processus souple, simple à utiliser, consultatif et rapide dans leur zone d’intervention. En raison du coût élevé des transferts directs de fonds aux PMC, et parce qu’il coûte également cher à beaucoup de PMC d’encaisser et d’administrer ces fonds, une proportion relativement faible de ces fonds est effectivement fournie sous forme de prêt aux plus pauvres. Il est très difficile de calculer le pourcentage des fonds versés aux pauvres par les bailleurs, mais selon les estimations, environ 51 % des fonds de base du CGAP ont été versés aux populations très pauvres à titre de prêts directs au cours des trois premières années d’existence du fonds, le reste ayant été consacré au renforcement des capacités, à l’assistance technique, aux conférences, etc. Selon une autre estimation concernant le fonds de l’USAID, les très pauvres reçoivent tout au plus 25 % du montant total des fonds. Entre 10 et 25 % des fonds des bailleurs atteignent effectivement les très pauvres ; le reste est consacré à l’administration, aux frais généraux, à la formation, au renforcement institutionnel et aux consultants (Prof. M. Yunus "How Donor Funds Could Better Reach and Support Grassroots Microcredit Programs Working Towards the Microcredit Summit's Goal and Core Themes," Abidjan, juin 1999). Il importe donc de créer des fonds de microcrédit (FMC) autonomes et efficients. Dans un grand pays ou dans un pays où les PMC présentent un vaste potentiel, il est possible de créer des fonds nationaux. Dans les petits pays où les PMC sont peu développés, on pourra créer des fonds sous-régionaux.3 1.2 Principaux objectifs des FMC L’un des principaux atouts des fonds de microcrédit autonomes est la possibilité de présélectionner et de suivre les programmes de microcrédit (PMC) suivant des critères normalisés, contrairement aux évaluations ‘ad hoc’ souvent incohérentes des PMC individuels réalisées par les bailleurs de fonds et les organismes publics. Lorsque le financement et l’appui répondent aux même normes, les règles du jeu sont équitables. L’uniformisation des règles de suivi contribue également à créer des PMC plus professionnels qui peuvent devenir des institutions de microcrédit structurées participant à la lutte contre la pauvreté. Notons que PKSF a joué à la fois le rôle d’intermédiaire financier et de créateur de débouchés.
L’effort de rationalisation poursuivi par de nombreux bailleurs de fonds et gouvernements pour financer des “institutions” plutôt que des “projets ad hoc” confirme les arguments en faveur des fonds de microcrédit autonomes. Avec 189 OP, PKSF a consenti à ce jour plus de 165 millions de dollars de prêts à plus de 2,13 millions d’emprunteurs. Quatre-vingt dix pour cent de ces emprunteurs sont des femmes. Les bénéficiaires de PKSF sont en majorité des individus qui possèdent jusqu’à 0,5 acre (0,2 hectare) de terres ou des actifs d’une valeur équivalente à 1 acre de terre arable (0,4 hectare). Tous les bénéficiaires de PKSF vivent en dessous du seuil de pauvreté (2122 k. cal par personne par jour) et entrent à ce titre dans la catégorie des ‘très pauvres'. L’objectif central des FMC nationaux et sous-régionaux devrait être “d’offrir aux pauvres et aux très pauvres des services financiers dans le cadre de FMC assortis de dispositifs institutionnels viables”. Bien que les FMC nationaux et sous-régionaux puissent fournir différents services pour promouvoir le développement des PMC dans leurs zones d’intervention respectives, leurs deux fonctions principales devraient être l’intermédiation financière et la mise en place d’institutions viables. Les deux fonctions susmentionnées devraient produire deux résultats importants :
Certains experts pensent que les organisations faîtières ne sont pas viables sans IMC ou PMC viable. Ils persistent donc à dire que d’autres mécanismes seraient plus appropriés que les organisations faîtières pour mettre en place des organisations viables de microfinance de détail. Les deux arguments reposent sur l’existence de marchés financiers réglementés au lieu d’IMC indépendantes, autonomes et compétitives. Les organisations faîtières aideront à créer de nouvelles IMC et les aideront à devenir viables financièrement. Le fait que dans certains pays les programmes de microfinance aient obtenu d’excellents résultats en l’absence d’organisations faîtières solides (en Indonésie, par exemple) n’élimine pas la nécessité d’une organisation faîtière. Bien que BRI en Indonésie ait créé des programmes de microfinance concluants, ces programmes s’adressent rarement aux très pauvres et ses clients ne sont pas toujours directement comparables à ceux d’autres organisations qui visent spécifiquement les très pauvres. Les fonds apex restent donc une nécessité pour fournir des services de microfinance aux très pauvres dans tous les pays attachés à poursuivre l’objectif du Sommet du microcrédit. Certains analystes affirment à tort que PKSF a été créé dans un marché de microfinance évolué possédant de solides capacités de détail. En fait, pas une seule IMF n’était en mesure de fonctionner durablement en 1990, à part la Banque Grameen. Le portefeuille total des ONG-IMF était de 4 milliards de taccas (7,4 millions de dollars ) en 1990. La qualité de ce portefeuille était loin d’être acceptable. BRAC, la plus grande ONG-IMF du Bangladesh, avait des difficultés à mettre en place une technologie de prêt approprié au début des années 90. Elle a tenté de s’associer avec des organisations villageoises pour offrir du microcrédit, stratégie qu’elle a abandonnée en 1993. Proshika, une autre ONG-IMF importante, avait un programme de microcrédit de nature caritative jusqu’en 1994. ASA, l’une des meilleures IMF du monde, n’a pas eu de programme de microcrédit avant 1992. TMSS, la quatrième IMF du Bangladesh, avait un portefeuille de 0,2 millions de taccas (3 714 dollars) en 1991, avec moins de 400 clients actifs. Qui plus est, environ 90 % des ONG-IMF actuelles n’avaient pas de programme de microcrédit en 1990, l’année de création de PKSF. Le tableau suivant illustre la capacité faible de détail du secteur de la microfinance au Bangladesh au début des années 90. Le portefeuille total des ONG-IMF atteignait 0,4 milliards de taccas (7,4 millions de dollars) en 1990. La taille de ce portefeuille a augmenté de 4 500 % au cours des dix dernières années. Il est intéressant de noter qu’il n’a progressé que de 900 % dans la première moitié des années 90. Cela montre que le secteur de la microfinance au Bangladesh a connu un véritable essor au cours des années 90, plus particulièrement dans la deuxième moitié de la décennie. Le tableau montre la multiplication des organisations partenaires de PKSF. Il indique également la faible capacité de détail du secteur au début des années 90.
À partir de l’expérience de PKSF, on peut définir les conditions à remplir pour avoir un FMC valable:
1.3 Impact sur les pauvres et les très pauvres, et réalisation des objectifs du Sommet du microcrédit Les FMC sont plus proches des organisations locales. Les fonds octroyés par les FMC sont efficients et atteignent les pauvres et les très pauvres sans court-circuitage. Chaque dollar versé sert presque intégralement à soutenir les institutions qui viennent en aide aux pauvres. Étant donné que l’emprunteur final reçoit le prêt à des conditions efficaces par rapport au coût, il pourra utiliser plus rapidement ces fonds pour se lancer dans des activités génératrices de revenus (AGR) et donc accroître ses revenus. PKSF a obtenu d’excellents résultats en termes de viabilité financière. Elle couvre régulièrement ses charges d’exploitation par les commissions de service (entre 3 et 5 % par an) qu’elle facture à ses organisations partenaires. Jusqu’à l’exercice 1999, les coûts administratifs et de croissance de PKSF ont augmenté moins vite que ses recettes, ce qui lui a permis d’accroître sa marge d’exploitation. En 1999, les charges d’exploitation totales représentaient 70 % du produit total des commissions de service. PKSF couvre entièrement ses charges d’exploitation charges financières (intérêts dus sur les prêts obtenus de diverses sources, provisions pour le service de la dette et provisions pour créances douteuses) avec ses produits totaux. PKSF rétrocède à ses OP tous les fonds de crédit qu’elle reçoit de diverses sources. PKSF n’a pas entamé son capital, transférant ses revenus excédentaires sur ses fonds propres. Ainsi, en 1999, 183 millions de taccas (3,6 millions de dollars) ont été versés sur les fonds propres de PKSF après règlement de toutes les charges financières et d’exploitation (y compris une dotation aux provisions pour créances douteuses de 0,77 million de dollars). Cela montre qu’une organisation faîtière peut transférer un maximum de fonds aux membres les plus pauvres des communautés locales. Il ressort des études réalisées sur ces FMC au Bangladesh (PKSF) que cela contribue à accroître la sensibilisation sociale des pauvres (Alamgir 1997). Il est à prévoir que les opérations de rétrocession des FMC par l’intermédiaire des IMC permettront d’améliorer le volume d’actifs, l’épargne, les structures de logement, l’emploi, l’éducation, l’état de santé et l’autonomie financière des emprunteurs du microcrédit dans une région donnée, par rapport à ceux qui n’empruntent pas. Une autre conséquence notable est la sensibilisation à la problématique hommes-femmes dans les zones rurales pauvres. Une grande partie des bénéficiaires des PMC sont des femmes. Grâce aux prêts qu’elles reçoivent, les femmes deviennent des agents économiques actifs, mais elles acquièrent également un nouveau statut social. Cette “sensibilisation” des femmes se reflète dans le nombre grandissant de femmes qui participent à d’autres activités de développement et aux élections aux conseils locaux (Village, Union/ Panchayet et conseils de sous-district). Trois éléments essentiels - mobilisation sociale, intégration économique et participation politique - sont facilités par les PMC, entre autres. Il ressort clairement de l’analyse qui précède que la création de FMC aux niveaux national et sous-régional aidera à atteindre les objectifs centraux du Sommet du microcrédit d’ici à 2005 :
Le critère ultime de réussite d’un PMC est son impact sur les emprunteurs. Cet impact peut être direct (primaire), tel que l’impact sur le revenu et l’emploi ou indirect (secondaire), tel que l’amélioration dans les domaines de l’éducation, de la santé et du logement. Voici quelques-uns des indicateurs utilisés pour évaluer l’impact d’un PMC sur les emprunteurs : i) Indicateurs économiques des gains immédiats (revenu, alimentation et nutrition, logement) ; ii) indicateurs des gains matériels à long terme (terres) ; iii) vulnérabilité aux crises ; iv) indicateurs des gains sociaux (éducation, conditions d’hygiène, eau potable). Section 2 Structure institutionnelle des Fonds 2.1 Structure juridique/du capital social : Il y a deux principaux types de FMC capables de promouvoir l’objectif du Sommet du microcrédit : le fonds national autonome, et le fonds sous-régional autonome. Leur structure juridique/de capital social diffère en ceci que le premier intervient au niveau national (et opère dans un cadre juridique national), tandis que le second intervient au-delà des frontières nationales et opère dans un cadre général de consensus entre plusieurs pays. FMC nationaux
FMC sous-régionaux
La structure de gouvernance des FMC proposés devrait reposer sur trois principes : a) autonomie ; b) responsabilité vis-à-vis des parties prenantes ; et c) efficacité et économie de gestion. Deux organes de décision devront être constitués, tels que : 1) assemblée générale et un organe directeur ; 2) conseil d’administration et comité exécutif ou 3) conseil de surveillance et comité de travail. Dans chaque cas, le premier organe devrait être un groupe représentatif composé d’environ 25 membres chargés d’établir des directives générales pour les opérations, d’approuver les budgets, de vérifier les rapports et d’adopter les décisions stratégiques. Le deuxième organe devrait être chargé de gérer et d’administrer les affaires du FMC conformément au mandat et aux règles définis par le premier. Le deuxième organe devrait être composé d’un relativement petit nombre de personnes, de préférence dix membres qui se réuniront autant de fois que nécessaire, tandis que le premier organe se réunira une ou deux fois par an. Pour préserver l’autonomie du FMC, un élément critique est la volonté politique du gouvernement d’utiliser le microcrédit pour lutter contre la pauvreté. L’État pourra soutenir d’autres interventions dans les secteurs de la santé, de l’éducation, du développement de l’infrastructure et de la mobilisation sociale pour faire reculer la pauvreté. Le microcrédit s’étant avéré un moyen de lutte important et efficace contre la pauvreté, l’appui aux PMC devrait attirer l’attention de tout gouvernement concerné par ce problème. Doté d’un appui politique, et avec le concours d’individus dévoués et compétents en matière de microcrédit au sein du gouvernement et du secteur privé, les FMC deviendront des organisations véritablement autonomes et performantes. Ce point est examiné plus en détail à la section 2.4. La deuxième priorité du FMC est de mettre en place un système de gestion qui s’appuie sur une équipe professionnelle bien secondée. Le directeur général devrait être un individu dynamique, compétent en matière de gestion et capable de formuler des plans stratégiques valables pour l’organisation. Le directeur général devrait être sélectionné par l’assemblée générale/l’organe directeur suivant un processus ouvert et compétitif. Dans la mesure du possible, il ne sera pas nommé par le gouvernement. Le directeur général devrait être familiarisé avec le gouvernement, la société civile et le secteur privé. Il n’affichera pas les attitudes bureaucratiques traditionnelles. L’organisation devrait avoir un mode de fonctionnement souple et dynamique, avec un bon système d’information de gestion. Les décisions ne devraient pas être prises suivant une hiérarchie rigide, mais suivant un processus collectif, autant que possible, de manière à ce que tous les employés participant au fonctionnement du FMC puissent assumer la paternité des décisions. L’aspect critique de la structure institutionnelle du FMC est son indépendance et l’absence de toute ingérence politique. L’une des forces de PKSF au Bangladesh tient au fait que, sous les auspices de l’assemblée générale et de l’organe directeur, qui sont hautement respectés, PKSF fonctionne sans l’intervention de l’État. Le degré d’indépendance des organisations reflète en partie l’engagement de l’État. Dans certains cas, cependant, il peut être extrêmement difficile d’éviter une certaine ingérence politique. Néanmoins, l’influence politique peut être réduite au minimum par des mécanismes tels que : définir des objectifs et des orientations aussi simples et clairs que possible, charger personnellement les membres de l’organe directeur d’atteindre les objectifs, limiter le nombre des représentants du secteur public au sein du conseil, nommer le président, le directeur général et les administrateurs pour une durée déterminée, et permettre à diverses organisations privées et non gouvernementales de nommer directement des représentants au conseil d’administration.
3.3 Sources de financement privé À un stade ultérieur, les FMC nationaux peuvent assurer la liaison entre le marché financier privé et les IMC d’un pays en définissant la cote de solvabilité des IMC et en titrisant leur portefeuille. Les FMC nationaux peuvent envisager de lever des fonds sur le marché financier privé national en émettant certains types d’obligations (telles que des obligations à caractère social) qui peuvent être souscrites par les entreprises, les banques et les particuliers. Section 4. Politique de financement des institutions de microfinance partenaires (IMF) des FMC L’une des tâches la plus importante d’un FMC est de sélectionner les IMC partenaires. Il est parfois difficile de trouver un nombre adéquat d’IMC efficaces pour gérer les PMC au niveau local. Comme on a vu, outre l’octroi de fonds aux IMC, l’autre objectif primordial est de créer des IMC viables. Le FMC ne devrait pas freiner l’innovation ni imposer de modèle particulier. L’expérience de PKSF montre qu’il a su trouver des organisations partenaires très diverses. 4.1 Stratégies des programmes de crédit des FMC Les programmes de crédit d’un FMC devraient avoir des procédures novatrices, transparentes et normalisées pour assurer la sélection des IMC, le traitement des prêts, le suivi et la supervision sur le terrain. L’une des forces de PKSF est d’avoir su maintenir des contacts réguliers et des rapports de concertation avec les IMC partenaires, et d’adopter une approche d’apprentissage par l’action. Rappelons que la normalisation des procédures ne devrait pas exclure la souplesse et l’impératif de s’adapter à des conditions diverses et aux nouveaux défis que poseront les IMC et les programmes locaux. Comme l’a montré PKSF avec ses multiples organisations partenaires, le FMC ne freinera pas l’innovation et n’imposera pas de modèle particulier. Le FMC mettra en place trois programmes interdépendants :
4.2 Caractéristiques dominantes des programmes de crédit des IMC Les programmes de microcrédit du FMC devraient être gérés par l’intermédiaire de ses IMC partenaires pour améliorer l’efficacité et la gestion sur le terrain. Les programmes de prêt offerts par les IMC partenaires devraient avoir les caractéristiques suivantes :
4.3 Conditions à remplir par les IMC pour recevoir des fonds Il faudra déterminer des critères de sélection des IMC qui recevront des fonds. Les critères peuvent être classés en 10 grandes catégories : 1) nature et mandat de l’organisation ; 2) structure de gouvernance et de gestion ; 3) qualité et expérience de l’équipe de direction ; 4) ressources humaines ; 5) couverture géographique ; 6) activités sur le terrain, y compris profil des clients pauvres et très pauvres ; 7) résultats prouvés ; 8) systèmes d’information de gestion ; 9) systèmes de comptabilité et d’audit ; 10) portefeuille et ratio d’endettement. Notons que tous les critères n’ont pas la même importance. Les critères dépendent également du nombre d’emprunteurs des IMC potentielles et de leurs besoins de financement. Le FMC ne devrait pas fournir de fonds de démarrage aux IMC et pourrait exiger une période minimum d’un an d’opérations satisfaisantes. 4.4 Règles comptables et d’audit L’une des conditions préalables essentielles à la réussite d’un programme de microcrédit (PMC) fonctionnant sans garanties est la mise en place d’un solide système comptable et d’audit. Le FMC devrait donc prendre les mesures suivantes :
4.5 Gestion de l’épargne des bénéficiaires Les bénéficiaires finaux du microcrédit sont encouragés à épargner régulièrement : l’épargne fait partie intégrante de la formation de groupes et des activités collectives des PMC. Les IMC sous la tutelle desquelles les bénéficiaires sont organisés gèrent normalement ces comptes d’épargne. Chaque membre d’un groupe dépose régulièrement des fonds sur son compte d’épargne (une fois par semaine, par exemple), selon ses moyens. L’épargne accumulée est enregistrée sur le livret d’épargne de chaque emprunteur. Bien que chaque emprunteur soit un débiteur net (au sens où l’emprunt est supérieur à l’épargne accumulée), la mobilisation de l’épargne par les IMC est une question délicate car il s’agit d’un service financier qui ne peut être offert sans l’autorisation spécifique de l’État ou de la banque centrale. Récemment, les fonds d’épargne (régulière et volontaire) gérés par certaines IMC ont atteint un volume important ; il importe donc d’adopter une réglementation prudente pour protéger les épargnants. Le FMC peut soumettre la question aux pouvoirs publics afin de créer un environnement favorable au recouvrement de l’épargne par les IMC, en leur accordant des licences et en conférant un statut légal à ces activités. Le FMC peut formuler des directives générales dans six domaines importants : i) recouvrement ; ii) tenue des comptes ; iii) retraits des déposants ; iv) investissement de l’épargne par les IMC ; v) utilisation d’une partie de l’épargne comme fonds de crédit pour les emprunteurs et vi) taux de rémunération de l’épargne payé par les IMC aux déposants. La priorité du programme du FMC devrait être la mise en place des directives et des orientations ainsi que la création de nouvelles règles de gestion des impayés. Les défauts de remboursement ont six causes possibles : i) détournement de fonds ou problème de gestion des IMC ; ii) lacunes du système d’évaluation du FMC, résultant dans la sélection d’IMC incapables de gérer le microcrédit ; iii) problèmes de gestion du microcrédit par des IMC jusqu’alors performantes ; iv) catastrophes naturelles ; v) graves troubles politiques et vi) crises économiques. La position dominante du FMC devrait être de prévenir les impayés pour éviter ce genre de crise. Le but est d’assurer la bonne gestion des IMC par des mesures de suivi et de supervision, des orientations et des directives de bonne gouvernance. Le système de contrôle interne mis en place dans les IMC devrait être renforcé, de même que l’efficacité de la gestion du microcrédit, par des programmes de formation et de développement institutionnel. Pour éviter les défauts de paiement, le FMC doit créer un système de détection basé sur des indicateurs critiques de la performance des IMC. Le système devrait être mis en place pour détecter et éviter tout risque de défaut de paiement. 4.7 Évaluation de la performance des IMC Il existe de grandes différences entre les IMC au niveau de leurs opérations de crédit et de la qualité de leurs prestations de services. Il importe donc de définir des critères d’évaluation de performance pour classer les IMC. L’objectif est d’aider les IMC à : a) devenir des organisations de crédit viables ; b) renforcer leurs capacités institutionnelles ; et c) développer systématiquement leurs opérations de crédit. Le FMC peut utiliser les principaux indicateurs suivants pour évaluer la performance des IMC :
Section 5. Stratégies de mise en oeuvre Le succès des FMC repose sur la mise en oeuvre du programme suivant des procédures normalisées. Les principaux éléments d’exécution sont : 1) procédures de demande de fonds par les IMC ; 2) évaluation préliminaire des IMC ; 3) visites sur le terrain pour évaluer les opérations des IMC ; 4) recommandations de la direction du FMC pour la sélection des IMC ; 5) approbation de l’organe directeur du FMC ; 6) signature de l’accord de prêt ; 7) vérification de l’utilisation des prêts ; 8) demandes de prêts successifs par les IMC ; et 9) suivi. 5.1 Système d’information de gestion (SIG) Le suivi du programme de crédit est essentiel à la réussite du programme. Les IMC devraient suivre leurs PMC sur le terrain, et les FMC doivent suivre les programmes des IMC afin de réduire leurs risques. Pour produire les résultats attendus, les FMC doivent définir des normes de performance et de présentation de l’information à suivre par les IMC qu’ils financent. Il est essentiel de créer un SIG pour assurer un échange de rapports réguliers entre le terrain et les IMC, et entre les IMC et les FMC. La mise en place d’un système d’information au siège du FMC et des IMC améliorera sensiblement les capacités de gestion de ces organisations. Si les FMC négligent cet aspect, ils perdront une chance d’améliorer le rayon d’action et la viabilité des IMC et des PMC, deux objectifs fondamentaux de la campagne du Sommet du microcrédit. 5.2 Valorisation des ressources humaines Dans la plupart des pays, les PMC manquent de capital humain. Cet obstacle peut cependant être surmonté avec la mise en place, conjointement par les FMC et les IMC, d’un programme global de valorisation des ressources humaines. La formation des services des FMC et des IMC est un aspect crucial. Il importe d’effectuer une évaluation des besoins de formation des FMC et des IMC, et d’assurer une formation pragmatique et opérationnelle. À titre d’exemple, PKSF a mis en place 7 modules de formation pour ses services et 12 modules pour les services des IMC. Section 6. Développement institutionnel Les composantes de développement institutionnel des FMC et des IMC devraient être définies en tenant compte de l’objectif de viabilité générale de chaque programme de microfinance. La microfinance pose trois problèmes de viabilité interdépendants :
Afin de définir l’orientation générale des activités des FMC/IMC, la viabilité des clients doit faire l’objet d’un suivi régulier à l’aide d’indicateurs appropriés (indicateurs de processus et d’impact). Pour les FMC, il sera nécessaire de suivre la viabilité des IMC et de leurs clients. La viabilité mentionnée aux alinéas b) et c) peut être évaluée au moyen de quatre types d’indicateurs : i) rayon d’action ; ii) efficacité opérationnelle ; iii) qualité du portefeuille ; et iv) rentabilité. PKSF et le CGAP ont mené des études dans ce domaine. Section 7. Cadre réglementaire Cette question se pose du fait que les IMC fournissent des services et des produits financiers aux pauvres, en dehors du système bancaire structuré. Vu l’origine des IMC (ce sont pour la plupart des ONG ou des groupes d’entraide), on serait porté à penser que le cadre réglementaire conventionnel qui s’applique aux institutions bancaires et financières n’est pas approprié et ne s’applique donc pas à la situation de nombreux pays, d’autant plus que les IMF n’acceptent pas de dépôts sur des compte-chèques courants. Les caractéristiques particulières des services sociaux et financiers offerts par les IMC, l’objectif fondamental étant de lutter contre la pauvreté, distingue ce secteur du secteur financier moderne et corrobore donc cet argument. Mais on ne saurait sous-estimer l’importance d’avoir des mesures de suivi stratégique qui soient compatibles avec les objectifs et la culture institutionnelle et de développement des IMC et adaptées. Les mesures devraient comprendre des règles prudentes et des directives simples et pratiques , sous la forme d’un “code de conduite” concret qui assure la croissance régulière et soutenue des IMC. L’adoption d’un ensemble de normes financières, de formats de présentation de l’information et de normes de performance pourrait être un moyen efficace de maintenir les IMC sur la bonne voie. Il existe de nombreux exemples édifiants en matière d’élaboration de normes, témoin les travaux menés par PKSF. Les récentes initiatives de création de FMC dans d’autres pays sont un pas dans la bonne direction car, entre autres choses, les FMC seront une option institutionnelle valable pour financer la mise en place de PMC dans un cadre réglementaire favorable aux pauvres et aux très pauvres. On pourrait créer un organisme suprême autonome, indépendant du contrôle de l’État, pour garantir que le “code de conduite” et les normes de microcrédit sont respectées par les IMC. En cas de non-conformité d’une IMC, celle-ci risque de se voir retirer son permis ou son autorisation. L’organisme de contrôle des IMC devra travailler en étroite collaboration avec les FMC. Section 8. Relations entre les FMC sous-régionaux, les FMC nationaux et les IMC nationales Les relations générales entre ces trois types d’institutions devraient s’inscrire dans un processus dynamique car ces rapports ne peuvent être dictés par des règles immuables, ils évolueront. Les lignes directives suivantes devraient cependant être considérées :
De nombreux 'experts' ont déclaré que les organisations “grossistes” (faîtières) avaient échoué dans divers pays. PKSF est cependant l’exception qui confirme la règle. Si nous convenons que nous avons certaines particularités, nous estimons cependant que les conditions nécessaires pour créer des FMC aussi performants que PKSF existent dans de nombreux pays. Aucune des organisations faîtières étudiées par les experts, à l’exception de PKSF, n’avait été créée dès le départ comme une organisation faîtière axée sur la promotion de la microfinance. Toutes les autres organisations étudiées avaient démarré avec un programme parrainé par un bailleur de fonds, et par un processus pernicieux dans lequel les rôles étaient faussés par l’intervention des bailleurs de fonds, ces organisations avaient initialement fonctionné comme organe faîtier des IMF. Ce processus élimine le sentiment de paternité institutionnelle. Cela pourrait être l’une des raisons fondamentales qui expliquent l’échec de ces institutions. L’expérience de PKSF montre qu’une organisation faîtière peut fournir des ressources aux IMF, avec pour objectif ultime d’atteindre les pauvres et d’améliorer les capacités des IMF, de façon plus économique que les autres dispositifs financés par des bailleurs de fonds. PKSF a créé un fonds renouvelable de 7,94 milliards de taccas (147,4 millions de dollars) pour ses IMF (OP) partenaires au cours des 10 dernières années. Cela a permis aux OP d’accorder 28,13 milliards de taccas (522,4 millions de dollars) de microcrédit. Le coût de financement des OP s’est chiffré à 5,47 % pendant cette période. Les dépenses de PKSF pour la formation et le renforcement des capacités de ses OP n’ont pas dépassé 6,94 % des dépenses totales de PKSF. À noter que les dépenses de formation et de renforcement des capacités font partie intégrante des dépenses totales liées à l’octroi de fonds aux OP. La création d’une organisation faîtière nationale ne devrait pas être onéreuse si le gouvernement est convaincu de l’importance de promouvoir la microfinance. Au Bangladesh, la microfinance n’aurait pas connu l’essor qu’elle connaît aujourd’hui sans la politique à long terme suivie par les pouvoirs publics. Le secteur de la microfinance au Bangladesh a reçu l’appui constant de l’État. Le gouvernement vient par exemple d’accorder une exonération d’impôts sur les bénéfices de PKSF pour lui permettre d’augmenter plus rapidement son capital. Récemment, des institutions similaires à PKSF ont été créées au Pakistan (Pakistan Poverty Alleviation Foundation) et au Népal (Rural Microfinance Development Centre Ltd.). Ces deux nouvelles institutions n’ont pourtant pas vu le jour dans un secteur ONG-IFM bien développé. En fait, RMDC n’a financé au départ que 7 organisations partenaires et PPAF pas plus d’une douzaine. Les attaques lancées par ceux qui doutent de l’efficacité des fonds autonomes sont donc battues en brèche par la réalité des faits. Les fonds apex offrent de vastes possibilités d’atteindre les plus déshérités. Section 10. PALLI KARMA-SAHAYAK FOUNDATION (PKSF) : LE FONDS DE MICROCRÉDIT NATIONAL APEX AU BANGLADESH (Étude de cas) PKSF a été créé en 1990 par le gouvernement du Bangladesh dans le but de lutter contre la pauvreté et d’améliorer la qualité de vie de la population rurale pauvre, des personnes dépourvues de terres et d’avoirs, en leur donnant les moyens de s’installer à leur compte pour améliorer leur situation économique. Plus particulièrement, les objectifs de PKSF sont les suivants :
10.2 Stratégie opérationnelle de PKSF Les principales stratégies opérationnelles de la Fondation reposent sur les objectifs qui ont été fixés:
10.3 Structure juridique de PKSF Légalement, PKSF est une “société à responsabilité limitée par garantie”, autrement dit une “société à but non lucratif” inscrite sous le régime de la loi de 1913 au Registre des sociétés par actions. La structure juridique de PKSF lui confère la souplesse, l’autorité et le pouvoir de créer et mettre en oeuvre des programmes à travers le pays. PKSF peut recevoir des subventions et des prêts d’origine locale et/ou étrangère. Elle peut également octroyer des prêts et des subventions. 10.4 Organisation et composition a. Assemblée générale : L’assemblée générale peut avoir un maximum de 25 membres, dont le gouvernement peut nommer un maximum de 15 personnes, membres d’organismes gouvernementaux et d’organisations bénévoles ou particulières. Les 10 autres membres sont des représentants des organisations partenaires et/ou des particuliers. L’assemblée générale se réunit normalement une fois par an pour définir les orientations générales. PKSF a actuellement une assemblée générale de 15 membres qui sont des personnalités nationales. b. Organe directeur : L’organe directeur a la composition suivante : i) président de la Fondation (nommé par le gouvernement) ; ii) directeur général (nommé par l’organe directeur) ; iii) deux membres nommés par le gouvernement et iv) trois membres élus par l’assemblée générale - soit un total de 7 membres. L’organe directeur actuel se compose de personnalités internationales, parmi lesquelles le professeur Mohammad Yunus, directeur général de la Banque Grameen. c. Président : Le président de PKSF est nommé par le gouvernement parmi des individus qui ne sont pas des fonctionnaires de l’État. Le président sert normalement un mandat de trois ans. Le président actuel est un économiste de renom qui enseigne à l’Université de Dhaka. d. Directeur général : Le directeur général est le premier dirigeant (PDG) de la Fondation. C’est un membre d’office de l’organe directeur. e. Gestion : PKSF a trois divisions principales : i) Opérations de prêt (divisée en deux sections : grandes OP et petites et moyennes OP) ; ii) Administration & Finance ; et iii) Audit : la division d’audit est placée sous l’autorité directe du directeur général. PKSF possède des services de recherche et de formation qui mènent des études sur la lutte contre la pauvreté et forment les services des organisations partenaires. PKSF a trois programmes complémentaires :
Le programme de prêts est le programme central de la Fondation. Le programme de développement institutionnel est un programme d’appui créé pour renforcer les OP de manière à en faire des systèmes de prestations de services viables pour les pauvres. Ce programme forme les services de PKSF et des OP, met en place des systèmes d’information de gestion (SIG) et accorde des prêts sans intérêt aux OP pour l’achat d’ordinateurs, de motocyclettes, etc. a. Formulaires de demande de prêt : PKSF reçoit les demandes de prêt sous la forme d’un formulaire préétabli sur lequel les postulants fournissent des détails sur l’organisation, le programme, le financement, etc. b. Évaluation préliminaire : si une organisation a l’expérience des programmes de crédit en faveur des pauvres, PKSF effectue une visite sur le terrain. PKSF utilise plusieurs critères pour évaluer l’expérience en matière de gestion de programmes de crédit : a) le nombre d’années d’expérience ; b) le volume de prêts octroyés ; c) le nombre de membres et d’emprunteurs ; d) le taux de recouvrement des prêts ; le niveau de compétence du personnel salarié ; et f) la crédibilité des organismes de parrainage. c. Visite sur le terrain : Une fois qu’une organisation est sélectionnée pour recevoir une visite, un représentant de PKSF se rend sur place. Si la performance de l’organisation postulante est jugée satisfaisante, elle est recommandée comme OP. Si elle présente des lacunes, l’organisation est placée sous observation et on lui suggère des améliorations. Si toutefois la performance d’une organisation est jugée insuffisante, sa candidature est rejetée. Les principales causes de rejet sont généralement des problèmes de gestion ou des contradictions majeures entre les informations fournies sur la demande de prêt et les observations sur le terrain. d. Approbation par l’organe directeur : La décision finale incombe à l’organe directeur. Si la direction estime qu’une organisation est qualifiée pour être une OP, sa candidature est transmise à l’organe directeur accompagnée d’une description détaillée de l’organisation, du compte rendu de visite sur le terrain, des éléments justifiant son acceptation comme OP, et d’une recommandation du directeur général. L’organe directeur accepte, rejette ou pose des conditions à l’acceptation de l’organisation comme OP. e. Signature de l’accord de prêt : La dernière étape de l’octroi d’un prêt à la nouvelle organisation partenaire est la signature d’un accord de prêt type. L’accord de prêt stipule les conditions du prêt (par exemple, taux de la commission de service, zone de décaissement du prêt, nombre de versements). Le prêt n’est pas garanti. Outre l’accord de prêt, un billet à ordre est signé par un représentant de l’OP. L’accord de prêt est signé par le directeur général de PKSF et par le directeur de l’OP ; dans certains cas il est cosigné par le directeur général et le président de l’OP. f. Vérification de l’utilisation du prêt : Après l’octroi du premier prêt, l’OP est censée décaisser les fonds immédiatement et fournir une liste des emprunteurs à PKSF. Un représentant de PKSF responsable de l’OP se rend sur place pour vérifier que le prêt a été décaissé et est utilisé par les membres. Les OP reçoivent normalement la visite d’un représentant de PKSF tous les trois mois. g. Demandes de prêts successifs : L’approbation de prêts successifs dépend de plusieurs facteurs : a) utilisation satisfaisante du prêt précédent ; b) taux de recouvrement des prêts au niveau local supérieur à 98 % ; c) soumission de rapports périodiques à PKSF ; d) possibilités d’expansion du programme de prêts ; et e) remboursement à PKSF des prêts échus. Les demandes de prêts successifs jusqu’à hauteur de 2,5 millions de taccas (46 425 dollars) sont approuvées par le comité des prêts. Ce comité est dirigé par le directeur général de PKSF. Ses autres membres sont les cadres dirigeants de PKSF. Il a été créé par le conseil d’administration pour déléguer certains pouvoirs et décentraliser les décisions. Un accord de prêt similaire est signé pour chaque prêt accordé. Les prêts supérieurs à 2,5 millions de taccas (46 425 dollars) doivent être approuvés par l’organe directeur. h. Suivi : Le suivi du programme de crédit est essentiel à sa réussite. Les OP suivent leurs programmes sur le terrain et PKSF suit les programmes sur le terrain et dans les succursales. Étant donné que PKSF consent des prêts non garantis aux OP, la seule façon de limiter les risques est de suivre régulièrement les programmes. Plusieurs mesures complémentaires sont prises pour contrôler les activités des OP, en particulier le programme de crédit et la gestion des fonds. Le système de suivi est brièvement décrit ci-après : a) Collecte de données sur le programme : comme mentionné plus haut, PKSF utilise un formulaire type pour recueillir des données mensuelles sur les changements intervenus au niveau des emprunteurs, de l’épargne, du décaissement et du recouvrement des prêts. b) Situation financière : les OP soumettent des comptes de résultats, des relevés de dépenses et des tableaux de flux de trésorerie mensuels et cumulatifs pour suivre leur situation financière. c) Les OP envoient régulièrement à PKSF leurs listes d’emprunteurs ayant reçu un prêt provenant d’une nouvelle injection de fonds de PKSF ou du fonds renouvelable. d) Visites sur le terrain : les visites sur le terrain effectuées par les représentants de PKSF sont la pierre angulaire du suivi des OP. PKSF attache une très grande importance à ces visites. Le représentant rend normalement visite à chaque OP tous les trois mois. Mais s’il s’agit d’une OP importante qui possède plusieurs succursales, elle reçoit la visite d’une équipe de PKSF. Lors des visites, les informations soumises par les OP comme indiqué aux trois alinéas précédents sont vérifiées. Des améliorations sont suggérées. La visite sur le terrain sert à vérifier le programme et le développement institutionnel de l‘OP. e) Audit par l’équipe d’audit interne : PKSF procède à un audit annuel de toutes ses OP. Les rapports d’audit sont soumis directement au PDG de PKSF. f) Audit par le cabinet de vérification comptable : Dans le cadre de l’audit financier annuel de PKSF, un cabinet d’auditeurs externes vérifie la situation financière d’un échantillon d’OP. 10.7 Fonds : Le montant total des fonds engagés et reçus de diverses sources est le suivant :
a. Partenariats (OP) : PKSF a accepté des OP chaque année depuis sa création. Avec 23 OP sa première année d’existence, PKSF avait 189 OP en décembre 2000. Les OP de PKSF interviennent dans 62 des 64 districts du Bangladesh. b. Décaissements de prêts : PKSF a décaissé 7 049 millions de taccas (140 millions de dollars). Grâce au système de fonds renouvelables et à des fonds supplémentaires, les OP ont accordé quelque 21 000 millions de taccas de prêts (411 millions de dollars) au niveau local. c. Encours des prêts : PKSF avait un encours de 5 244 millions de taccas (103 millions de dollars) de prêts dans ses OP en décembre 1999. d. Emprunteurs : En décembre 1999, le nombre total d’emprunteurs ayant reçu un prêt financé par PKSF était de 1,87 millions, dont plus de 90 % de femmes. e. Recouvrement des prêts : PKSF a deux taux de recouvrement différents : a) taux de recouvrement des prêts entre les OP et PKSF ; et b) taux de recouvrement des OP. Le taux de recouvrement de PKSF a atteint près de 98 % au cours des 6 dernières années. Ce taux est défini comme le pourcentage du montant dû qui est remboursé dans les délais prévus. Le taux de recouvrement des OP sur le terrain est de 99 %. f. Renforcement des OP : L’une des grandes fiertés de PKSF est le développement des institutions locales. La plupart de ces ONG administrent leurs programmes uniquement avec des prêts de PKSF. Elles parviennent cependant à couvrir la quasi-totalité de leurs coûts d’exploitation, et bon nombre d’entre elles sont pour ainsi dire financièrement autonomes. Outre la viabilité financière, les OP locales sont aujourd’hui beaucoup plus capables de gérer leurs programmes grâce au programme de formation, de services de conseil et de développement institutionnel de PKSF, qui comprend la formation, la mise en place de systèmes comptables et d’information de gestion (SIG), ainsi que des recommandations régulières pour améliorer la gestion de leurs programmes. g. Possibilités d’expansion : Les OP de PKSF comptent plus de 2,1 millions d’emprunteurs (y compris les emprunteurs de BRAC, ASA et Proshika). Il existe un potentiel d’expansion du volume de prêts aux OP. D’autre part, PKSF accepte de nouvelles OP chaque année et les OP existantes élargissent également leur couverture. h. Services de formation et de conseil : PKSF a organisé plusieurs ateliers pour les administrateurs des OP. Ces ateliers portaient principalement sur des questions stratégiques afin d’uniformiser les systèmes des OP. Des sessions de formation en comptabilité et SIG ont été organisées pour les comptables et les coordinateurs du crédit. PKSF a préparé 19 modules de formation pour ses services et différentes catégories professionnelles des OP. Un moyen efficace de former le personnel est de demander aux représentants de PKSF d’animer des sessions de formation pratique lors de leurs visites régulières dans les OP, au cours desquelles les problèmes sont identifiés et des solutions suggérées. Les organisateurs et le personnel sur le terrain ont des entretiens réguliers au cours de ces visites. i. Programmes de recherche : PKSF a mené à ce jour deux études sur l’impact de son programme sur les bénéficiaires. Plusieurs études ont été publiées sur PKSF au Bangladesh à l’étranger. PKSF a récemment demandé à l’Institut d’études sur le développement du Bangladesh (Bangladesh Institute of Development Studies - BIDS), le premier cabinet d’études du Bangladesh, de réaliser une étude d’impact pluriannuelle. j. Impact : Plusieurs études ont montré l’impact positif du microcrédit sur la vie de la population rurale pauvre au Bangladesh. Une série d’indicateurs a été suggérée pour étudier cet impact plus en profondeur. 10.9 Viabilité des OP et rôle de PKSF a. Viabilité institutionnelle des OP : Bon nombre d’OP ont défini une stratégie de base pour gérer un programme de crédit rural efficace, notamment : sélection des membres, politique d’épargne et de prêt, gestion de portefeuille, contrôle financier, et suivi et évaluation. Jusqu’à présent, de nombreuses OP ont essayé, dans la limite de leurs moyens, de recruter des collaborateurs compétents. Les OP manquent de ressources financières pour recruter des individus plus qualifiés et plus compétents. Bon nombre d’entre elles sont dirigées par leur fondateur et cela restera probablement le cas pendant un certain temps. Il est important pour la croissance et la viabilité des OP que leurs administrateurs actuels fassent preuve d’initiative tant que les organisations en sont encore à un stade embryonnaire. De nombreuses OP possèdent des biens corporels, tels que des immobilisations et des terres ou ont acheté des terrains pour construire un bureau, un centre de formation, etc. Cela témoigne de la volonté des organisateurs d’asseoir les OP sur des bases solides. Viabilité financière des OP : S’agissant de la viabilité financière, le problème fondamental est de savoir si les revenus tirés des programmes (essentiellement les intérêts sur les prêts) peuvent couvrir les coûts de gestion des programmes de crédit. Certaines OP sont parvenues à dégager un léger excédent. Il est à prévoir que toutes les OP continueront à améliorer leur rentabilité. Rôle de PKSF : Les administrateurs des OP ont identifié plusieurs domaines dans lesquels PKSF a joué un rôle prépondérant : i) en fournissant des fonds, PKSF a contribué à l’expansion des programmes et à leur viabilité financière ; ii) PKSF a contribué à mettre en place des systèmes de gestion du crédit, des SIG et des systèmes comptables ; iii) les services d’appui conseil de PKSF ont aidé les OP à se doter des moyens nécessaires pour gérer leurs programmes. Futur rôle de PKSF : Les administrateurs de PKSF ont également déterminé le rôle que PKSF serait appelé à jouer à l’avenir : i) le rôle principal de PKSF restera d’accorder des prêts ; ii) PKSF devrait aider à former tous les services des OP afin d’accroître leurs capacités, condition essentielle à leur viabilité ; iii) poursuivre les services d’appui conseil ; et iv) PKSF devrait mener des études sur le microcrédit, d’une part, et sur les autres moyens de lutte contre la pauvreté, d’autre part (PKSF a récemment décidé de consentir des prêts, à titre expérimental, aux microentreprises, aux segments pauvres de la population urbaine et aux plus déshérités). b. Viabilité de PKSF Viabilité institutionnelle de PKSF : PKSF a un organe directeur compétent et dynamique, capable de guider la gestion, de modifier les orientations et d’introduire de nouveaux programmes si nécessaire. La Fondation a des orientations claires et précises pour son programme de prêts et la gestion de ses opérations. Elle a progressivement élargi son rayon d’action en acceptant un nombre grandissant d’OP. PKSF a pu mobiliser les ressources financières nécessaires pour procéder à l’expansion générale de ses activités. Ces facteurs contribueront à promouvoir l’expansion des opérations de PKSF. Viabilité financière : PKSF a progressivement amélioré sa situation financière. Elle a accru le taux de couverture de ses charges d’exploitation en facturant une commission de service raisonnable, en augmentant son volume de prêts, et en parvenant à limiter au maximum ses frais de fonctionnement et ses pertes sur créances irrécouvrables grâce à un taux de recouvrement élevé. Globalement, PKSF a enregistré un excédent chaque année depuis sa création. Voici quelques données financières de PKSF au 30 juin 1999 :
L’analyse des ratios financiers montre que la situation financière de PKSF est solide. Le ratio d’endettement ainsi que les ratios de portefeuille et d’autosuffisance indiquent une bonne performance en termes d’autonomie opérationnelle et financière. L’analyse de la structure de coûts et de la rentabilité montrent également que PKSF parvient à couvrir intégralement ses dépenses au moyen du produit de ses opérations de prêt tout en dégageant un bénéfice. 10.10 Leçons à tirer du modèle de PKSF La structure organisationnelle, les activités et les méthodes de gestion de PKSF en font une organisation unique en son genre. On peut identifier quelques-uns des facteurs qui ont contribué à sa réussite : PKSF a été créée et financée par l’État, mais elle est restée une organisation indépendante qui ne relève pas de la bureaucratie gouvernementale. Cela a permis à PKSF de définir ses propres orientations et de mettre au point des méthodes de gestion adaptées à ses activités. Le haut niveau de compétence de l’organe directeur a permis de guider la gestion de PKSF et de définir et réviser ses orientations en fonction des besoins. Le recrutement de responsables hors pairs a fortement contribué à la croissance et à la bonne performance de PKSF. PKSF a su utiliser les capacités des ONG locales en atteignant rapidement les pauvres et en formant des OP capables de fournir des services financiers aux pauvres. La sélection d’OP à la hauteur de la tâche a été un facteur crucial de la réussite de PKSF. Les intermédiaires financiers (ONG) bénéficiant des ressources de PKSF se sont avérés un moyen efficace d’atteindre les pauvres. PKSF et les OP peuvent former des partenariats viables dans le cadre de ce processus. Les pauvres dans les régions rurales et les hommes et les femmes les plus déshérités ont montré qu’ils étaient capables de gérer leur argent et d’accroître leurs revenus. De même, les OP de PKSF se sont montrées capables de bien cibler leur clientèle et de fournir les services voulus. Un domaine prioritaire pour PKSF est l’amélioration des capacités des OP. PKSF devra pour cela investir davantage dans la valorisation des ressources humaines des OP. Le modèle de PKSF (comme organisation faîtière de second rang) peut être reproduit ailleurs. Il peut être développé et contribuer de manière significative à améliorer la qualité de la vie des pauvres et des très pauvres. Section 11. FONCAP S.A.-FONDO DE CAPITAL SOCIAL ARGENTINA (Étude de cas) Date de création du fonds Le "Fondo Fiduciario de Capital Social" (FONCAP) est une initiative inédite du gouvernement argentin. Il a été créé à la fin de 1997.
Le FONCAP est la réponse à une réalité incontournable : l’existence de près de deux millions de microentrepreneurs en Argentine qui se débattent pour survivre à l’une des mutations économiques les plus difficiles que le pays ait connue au cours des dernières années. Le FONCAP a été créé dans le but de coordonner les forces de trois secteurs - social, privé et public - afin de mettre sur pied une organisation visant à maximiser la contribution de chaque partenaire en termes de capacités d’assistance aux pauvres, tout en compensant leurs faiblesses mutuelles. La mission du FONCAP est d’éliminer les obstacles qui empêchent les pauvres d’avoir accès au crédit, de protéger leurs intérêts et de favoriser leur intégration sociale.
11.2 Structure institutionnelle du fonds
CONSEIL D’ADMINISTRATION ET DIRECTION
Dans le secteur microbanques, l’activité dominante est le secteur des services financiers aux microbanques, avec les responsabilités suivantes:
Les services d’appui (assistance stratégique et technique aux microbanques) ont les responsabilités suivantes :
Les statuts du FONCAP autorisent la création de nouveaux fonds de microcrédit et les nouveaux administrateurs. Les 40 millions de dollars d’actions initiales sont considérés comme un capital de démarrage, qui peut servir à investir à part égale avec d’autres bailleurs dans de nouveaux fonds d’assistance aux microentrepreneurs pauvres. Ces fonds peuvent avoir une orientation régionale (par exemple, opération de microcrédit dans une province) ou sectorielle (par exemple, femmes pauvres dans le secteur agricole). L’objectif est d’identifier les besoins régionaux et sectoriels et de créer des partenariats avec des entreprises et des ONG qui ont des raisons locales spécifiques de poursuivre ces initiatives. La généralisation du modèle du FONCAP à travers le pays encouragera le processus de décentralisation, favorisant ainsi l’autonomie. Le FONCAP ne juge actuellement pas nécessaire d’avoir recours à des prêts institutionnels ou commerciaux. Le financement ne pose pas de problème jusqu’à présent. Le seul goulet d’étranglement est la capacité des programmes de microcrédit à répondre aux besoins des pauvres et des très pauvres. 11.4 Politique de sélection des IMF partenaires
11.5 Stratégies de mise en oeuvre
11.6 Portefeuille du FONCAP (novembre 2000)
Section 12. DÉPARTEMENTS D’INITIATIVES LOCALES EN BOSNIE-HERZÉGOVINE (Étude de cas) 12.1 Les départements d’initiatives locales (DIL) ont été créés en 1996 pour administrer le Projet pour les initiatives locales parrainé par la Banque mondiale. Les DIL sont des services des Fondations pour l’emploi et la formation (FEF) créées par l’État dans chacune des entités constituantes de la Bosnie-Herzégovine - la Fédération et la République serbe. Les FEF distribuent les fonds aux programmes d’emploi. Les DIL jouissent d’une grande autonomie au sein des FEF et collaborent entre eux, en partageant certaines fonctions et services. Les DIL fonctionnent comme des institutions faîtières. Ils distribuent les fonds aux IMF qui fournissent des prêts à la clientèle cible. Les DIL suivent les résultats des IMF et basent leurs décisions de financement sur ces résultats. Ils fournissent également une assistance technique et une formation à leurs institutions partenaires pour les aider à renforcer leurs capacités institutionnelles et à se familiariser avec les meilleures pratiques de microfinance. Ils font également des démarches pour créer un environnement juridique et réglementaire plus favorable à la légalisation des IMF en Bosnie. Le Projet pour les initiatives locales a été lancé au début de 1997, à la suite d’un projet pilote mené par six ONG en 1996. Au terme d’un rigoureux processus de sélection, les DIL ont sélectionné dix-sept ONG comme partenaires d’exécution, douze dans la Fédération et cinq dans la République serbe. Des contrats ont été signés en avril/mai 1997 avec les organisations de la Fédération et en septembre/octobre 1997 avec celles de la République serbe. Sur les 17 ONG, 14 sont des organisations locales et trois sont des organisations internationales. Les IMF sont initialement recrutées en qualité d’agents signataires d’un contrat-programme. Les DIL octroient un fonds de crédit aux IMF, lesquelles gèrent le fonds et rétrocèdent des prêts aux clients cibles. Les IMF reçoivent également une aide financière pour couvrir leurs charges d’exploitation et investissements initiaux, sous forme de subvention dégressive. Techniquement, les DIL sont propriétaires des fonds de crédit, mais les IMF gèrent ces fonds comme s’ils leurs appartenaient en propre. Les IMF utilisent les intérêts échus sur les prêts pour couvrir leurs pertes, verser une commission d’utilisation des fonds aux DIL et payer un pourcentage croissant de leurs charges d’exploitation. Ce dispositif permet aux DIL d’évaluer les capacités institutionnelles des IMF et de recouvrer le fonds de crédit en cas de mauvais résultats et de défaut de remboursement. Il fournit également une base juridique pour ce système de rétrocession qui fonctionne dans un environnement où les ONG ne sont pas légalement et explicitement autorisées à consentir des prêts. À la fin de 1998, les DIL ont évalué la performance de leurs 17 IMF partenaires à la lumière de leurs critères institutionnels et financiers. L’objectif était de déterminer quelles organisations avaient démontré leur aptitude à devenir des institutions de microfinance viables. Toutes les institutions affichaient de bons résultats. Le nombre de clients actifs par IMF variait entre 150 et 1 500, avec un portefeuille moyen entre DM 250 000 (125 000 dollars) et DM 2,2 millions (1,1 million de dollars). Les IMF avaient mis en place systèmes divers d’analyse et de suivi des prêts, d’information sur leur portefeuille, de gestion des impayés, de gestion financière et de contrôle interne. Les indicateurs clés de performance étaient également bons :
Toutes les IMF ne répondaient cependant pas aux critères d’évaluation des DIL. À partir de l’évaluation, les DIL ont décidé de continuer à financer cinq IMF de la Fédération et trois IMF de la République serbe. 12.4 Renforcement des capacités institutionnelles L’appui au renforcement des capacités institutionnelles des partenaires est l’un des principaux objectifs des DIL. Une assistance technique et une formation ont été fournies dans le cadre de séminaires, de voyages d’étude et de conseils techniques. En 1997-98, onze séminaires ont été organisés sur les sujets suivants : principes et méthodologies de microcrédit, formation des chargés de prêts ; comptabilité et gestion financière ; et planification en vue d’atteindre l’autonomie. Trois voyages d’étude ont été organisés en Bolivie, en Égypte et en Pologne. • l’AT doit être souple et impulsée par la demande • l’AT doit respecter des critères de continuité et de cohésion • l’AT doit être adaptée aux besoins de chaque organisation. Le programme d’AT de 1999 comprend des séminaires, des voyages d’étude et des conseils spécialisés dans les domaines suivants : diffusion de l’information sur les meilleures pratiques de microfinance auprès de l’ensemble des IMF Bosnie-Herzégovine ; formation en comptabilité et gestion financière ; voyages d’étude au Bangladesh, en Colombie et en Pologne ; formation en gestion ; formation sur la constitution de conseils d’administration ; et formation sur le nouveau cadre juridique et le développement institutionnel. 12.5 Réforme du système juridique et réglementaire L’un des objectifs centraux du projet pour les initiatives locales est de créer un cadre juridique et réglementaire clair pour les services d’épargne et de crédit offert aux travailleurs indépendants et aux microentrepreneurs. En 1998, un processus participatif a été lancé pour mettre en place ce cadre avec l’appui de la Banque mondiale et de l’USAID. Des équipes de spécialistes ont été constituées dans chaque entité, avec des représentants des institutions de microcrédit, du Ministère des finances, de l’organisme de contrôle bancaire et du Département des initiatives locales. À la fin de 1998, un avant-projet de loi avait été élaboré définissant quatre formes juridiques :
L’avant-projet de loi sera examiné plus en détail et soumis au gouvernement pour étude et promulgation. 12.6 Performance du portefeuille des DIL ( 31 décembre 1998) Nombre total de prêts décaissés : 14 347 Valeur totale décaissée : 41 373 660 DM (USD 20 694 974) Nombre total de clients actifs : 8 864 Encours total de crédit : 149 467 435 DM (USD 74 763 139) Le projet pour les initiatives locales a reçu 19 millions de dollars de la Banque mondiale, du PNUD, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et des gouvernements des pays suivants : Australie, Italie, Japon, Pays-Bas, Norvège et Suisse. Plus de 70 % des fonds reçus à ce jour ont servi à financer le fonds de microcrédit. L’objectif stratégique des DIL est de fournir un appui aux institutions de microfinance qui ont démontré leur aptitude à devenir financièrement autonomes et à offrir des services réguliers à un grand nombre de microentrepreneurs à faible revenu. Toutes les IMF qui répondent aux critères de performance mutuellement retenus pourront recevoir des capitaux des DIL en qualité d’institutions de microfinance indépendantes et financièrement viables. Ces critères sont les suivants :
Les DIL recueilleront d’autres données sur l’impact de ces prêts sur les entreprises des clients ainsi que sur le revenu et le bien-être de leurs familles, de même que sur les obstacles auxquels sont confrontés les travailleurs indépendants et les microentreprises. Les DIL poursuivront leurs efforts afin de mettre en place un cadre juridique et réglementaire approprié pour les IMF.
Note en bas de page 1. La Campagne du Sommet du microcrédit définit "les très pauvres" comme la moitié inférieure de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. 2. Aux fins de ce rapport, du Sommet du microcrédit de 1997 et de la campagne pour la réalisation en neuf ans des objectifs du Sommet, toute référence au microcrédit désigne les programmes accordant aux personnes très pauvres des crédits visant à développer de petites activités indépendantes génératrices de revenus, ainsi que d'autres services financiers et d'appui aux entreprises (y compris épargne et assistance technique). 3. Trois expressions doivent être clairement définies dès le départ : FMC, IMC et PMC. Un FMC est un fonds apex ou secondaire qui fonctionne comme un grossiste en microcrédit ; une IMC est une institution (ONG, coopérative, etc.) qui a des activités de détail (rétrocession à des emprunteurs individuels) ; un PMC est un programme de microcrédit géré par une IMC. La distinction entre IMC et PMC est que les PMC ne sont qu'un type de programme géré par les IMC. Outre les PMC, de nombreuses IMC ont d'autres programmes (dits " crédit plus ") dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de la nutrition, etc.
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