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Présentation de mécanismes permettant une meilleure allocation des ressources allouées par les bailleurs de fonds aux programmes de microcrédit locaux agissant dans le cadre de l'objectif et des thèmes de base du Sommet du microcrédit
Muhammad Yunus, Directeur général, Grameen Bank, Bangladesh1
SOMMAIRE Si nous voulons atteindre l'objectif du Sommet du microcrédit d'offrir l'accès au microcrédit aux 100 millions de familles les plus pauvres du monde avant l'an 2005, nous devons garantir non seulement qu'une plus grande quantité de ressources soit affectée à la promotion du microcrédit, mais également que la méthode d'allocation de ces ressources aux institutions soit rentable. D'une manière générale, les organismes bailleurs de fonds fournissent des fonds sous forme de subventions ou de prêts à faible taux d'intérêt aux programmes de microcrédit, l'état offrant sa garantie. Il s'ensuit que les coûts de gestion et d'administration liés à l'attribution de ces ressources sont souvent beaucoup trop élevés et que le montant réellement reçu par les pauvres est lui assez faible. Les bailleurs de fonds devraient agir pour s'assurer que la proportion des fonds qui atteint réellement les plus démunis atteigne le niveau de 70 %. Plusieurs facteurs contribuent aux mauvais fonctionnement des méthodes actuelles de distribution de leurs ressources par les bailleurs de fonds. L'un d'entre eux est la tendance des bailleurs de fonds à faire appel à des experts-conseil qui trop souvent ne possèdent ni les connaissances ni l'expérience du secteur du microcrédit nécessaires pour conseiller bailleurs de fonds et praticiens/intervenants à ce sujet. Les bailleurs de fonds qui veulent augmenter leur capacité à toucher les plus démunis devraient annoncer quel pourcentage de fonds attribué au secteur du microcrédit doit l'être sous forme de prêts aux plus démunis. Ils devraient également exiger de chaque antenne locale la publication de rapports annuels indiquant sa contribution en faveur de l'objectif établi pour le pays considéré. Il est nécessaire d'élaborer des directives précises pour imposer que les fonds soient bien attribués aux plus démunis. Ces informations devraient être communiquées aux membres du GCAPD et aux programmes locaux de microcrédit ou de capital (PMC), aux Fonds de microfinance et aux ONG. En dernier lieu, ces organismes devraient créer un mécanisme national de GCAPD et organiser au moins une fois par an une réunion destinée à analyser les progrès accomplis et à débattre des plans envisagés. Le Sommet du microcrédit projetait qu'il faudrait réunir 11,6 milliards de dollars US sous la forme de subventions et de prêts à conditions favorables pour satisfaire l'objectif d'atteindre 100 millions de familles. Ces 11,6 milliards de dollars US supplémentaires pourraient être obtenus en augmentant le pourcentage des fonds d'Aide Publique au Développement (APD) atteignant les plus démunis jusqu'à ce qu'il atteigne le niveau de 5 %. Il est essentiel de mettre en place des Fonds de microfinance privés intermédiaires au niveau local et de réorienter les ressources des bailleurs de fonds vers ces institutions pour qu'elles puissent démarrer et soutenir des PMC. Il existe deux exemples de Fonds de microfinance intermédiaires efficaces : la PKSF (Palli Karma-Sahayak Foundation), un organisme intermédiaire d'allocation de fonds aux PMC au niveau national, situé au Bangladesh, et le Grameen Trust, un organisme apportant financement et soutien technique à des PMC situés sur les continents asiatique, africain, européen et américain. La PKSF et le Grameen Trust ont fait la preuve de l'aptitude des Fonds de microfinance intermédiaires locaux à soutenir efficacement et de manière rentable les programmes de microcrédit.. Le GCAPD devra jouer un rôle de catalyseur essentiel pour instituer les modifications que j'ai décrites au sein de cette présentation. Sa mission officielle d'atteindre les plus démunis et le fait que ses membres comprennent tous les principaux bailleurs de fonds font du GCAPD l'organisme le mieux placé pour faciliter ces changements.
L'objectif du Sommet du microcrédit est de toucher 100 millions des familles les plus démunies du monde, particulièrement les femmes de ces familles et de leur fournir le crédit et les prestations financières nécessaires à une activité indépendante avant l'an 2005. Si nous désirons atteindre cet objectif, il est essentiel d'augmenter les ressources allouées au microcrédit au niveau global.2 Par ailleurs, il est au moins aussi important de s'assurer que les fonds alloués au microcrédit sont affectés de manière à en faire bénéficier avant tout les institutions qui ont pris l'engagement d'atteindre l'objectif du Sommet. Dans le cadre de cette présentation, j'ai entrepris de décrire la manière dont, à l'heure actuelle, les organismes multilatéraux et bilatéraux d'assistance au microcrédit utilisent leurs fonds. Au vu des restrictions imposées par les méthodes employées, je présente également des suggestions visant à améliorer ces mécanismes de financement afin qu'une proportion plus importante des ressources puissent parvenir aux plus démunis.
MÉCANISMES ACTUELS DE TRANSFERT DES RESSOURCES DES BAILLEURS DE FONDS VERS LES PROGRAMMES DE MICROCRÉDIT Organismes financiers internationaux (OFI) Les OFI accordent aux états des prêts commerciaux ou assortis de conditions de faveur. Ces états transfèrent les fonds reçus à des programmes de microcrédit ou de capital (PMC), administrés par l'état ou par des organismes privés. Ce sont les états qui signent les accords avec les organismes donateurs. Agences de l'O.N.U. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), par exemple, fournit des subventions par l'intermédiaire des agences gouvernementales et des antennes du PNUD lors du lancement de nouveaux programmes. Des appels d'offre internationaux permettent de sélectionner les « prestataires sous contrats » chargés d'aider une organisation non gouvernementale (ONG) à mettre en place un PMC. Les agences de l'ONU et les OFI, notamment la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole (FIDA), sont généralement requis d'agir au niveau de l'état (à l'exception toutefois de la Société financière internationale (SFI)). Cette obligation limite leur capacité à apporter une assistance véritable aux PMC efficaces et leur impose de travailler de préférence avec les PMC administrés, au moins en partie, par un état.3 Groupe consultatif d'assistance aux plus défavorisés (GCAPD) Le financement de base du GCAPD est distribué par un bureau mondial aux institutions locales sous la forme de subventions. Une analyse des frais administratifs encourus pour chaque dollar de crédit qui parvient aux plus défavorisés révèle clairement le coût et l'inefficacité d'un tel système. Le financement de base du GCAPD peut être réparti de la manière suivante : a. Études d'experts b. Conférences c. Recherche et études d. Formation e. Promotion des « Pratiques optimales » f. Mise en place d'institutions g. Gestion et administration h. Frais divers i. Montant réel des prêts aux plus démunis j. Montant réel des prêts aux pauvres k. Montant réel des prêts aux non pauvres J'ai défini ces catégories de la manière la plus détaillée possible et ce ne sont pas celles qu'utilise le GCAPD qui répartit en revanche ses engagements financiers au cours des trois premières années d'investissement de la manière suivante :4 a. Soutien aux institutions de microfinance i. Financement accordé par l'intermédiaire de Réseaux (19,2 %) ii. Financement direct au niveau local (41,7 %) iii. Support technique et assistance à la planification de gestion (3,2 %) b. Création et renforcement de capacité (32,2 %) c. Directives et conférences (3,7 %) Mon but est de démontrer que, quelle que soit la classification utilisée, les informations obtenues doivent indiquer de façon transparente la proportion des fonds parvenant aux plus démunis au cours du premier cycle. Autrement dit, nous devrions pouvoir savoir dans quelle mesure les ressources allouées par les organismes bailleurs de fonds parviennent directement aux plus démunis sous forme de prêts, dans quelle proportion les fonds affectés aux catégories autres que celles des prêts servent réellement à obtenir des crédits supplémentaires pour les plus démunis au cours des cycles suivants, et dans quelle mesure ces fonds sont utilisés pour d'autres activités. Je crains que le montant de fonds des donateurs alloués directement sous forme de « prêts aux plus démunis » se révèle assez faible. Je crois que si nous voulons renforcer le support public en faveur des initiatives des bailleurs de fonds pour le soutien aux PMC et au secteur du microcrédit en général, tout en garantissant que les fonds sont bien utilisés au profit des plus démunis, il est essentiel que les organismes donateurs procèdent à la publication annuelle des montants et des pourcentages de fonds réellement utilisés par les plus démunis. Par ailleurs, j'aimerais recommander que tous les bailleurs de fonds relèvent à 70 % la proportion de fonds alloués à la promotion du microcrédit et de la microfinance. Le pourcentage peut être indiqué aussi bien sous la forme du Programme d'aide publique au développement (Programme APD) global utilisé pour les prêts aux plus démunis que sous la forme du pourcentage de fonds affectés au microcrédit ou à la microfinance. Le Secrétaire du GCAPD pourrait donner l'exemple en indiquant de manière plus détaillée l'utilisation et le controle de son financement de base afin d'encourager les membres du GCAPD à agir de même. Les bailleurs de fonds bilatéraux accordent prêts et subventions aux états et aux ONG, que ces fonds soient réservés exclusivement aux PMC ou attribués dans le cadre d'un ensemble de programmes. Dans le cas d'USAID, par exemple, le financement est généralement offert aux PMC par l'intermédiaire d'ONG américaines (praticiens/intervenants) et de sociétés américaines de conseil qui agissent souvent en collaboration avec les ONG situées dans le Tiers monde. La plus grande partie des fonds est donc utilisée par les ONG américaines et les sociétés de conseil pour assurer des activités d'administration, les frais généraux, la formation et la création d'institutions. D'autres bailleurs de fonds opèrent de manière similaire. Il en est qui s'appuient sur les ONG situées en dehors des pays sous-développés (et qui sont presque toujours situées dans le pays du bailleur de fonds) de façon encore plus systématique qu'USAID ne s'appuie sur les ONG américaines. Un tel état de fait limite le pourcentage de fonds utilisés réellement sous forme de crédit aux plus démunis : sans doute moins de 25 %. Je suis conscient du caractère délibérément provocateur d'une telle déclaration et je ne crois pas qu'il existe en fait de chiffres précis à ce sujet. Je veux néanmoins insister sur le fait que nous devons examiner ces chiffres concrètement si nous désirons réellement offrir des prestations de microcrédit aux 100 millions des familles les plus démunies au cours des six prochaines années et demie. Même si j'ai créé ce chiffre, je l'ai choisi en me basant sur mon analyse de nombreux projets, projets réalisés ou en cours de proposition, ainsi que sur ma lecture des documents publiés par les bailleurs de fonds, au Bangladesh ou au cours de mes déplacements à l'étranger. Même en l'absence d'une enquête scientifique, il me reste l'impression bien définie que le montant de financement attribué aux plus démunis sous la forme de prêts durant le premier cycle est faible. Sans vouloir nier que dans certains cas les fonds utilisés dans la catégorie de « création d'institution » ont eu leur utilité, il n'en reste pas moins que la plus grande partie de ces montants ne l'ont pas été de façon rentable si l'on considère l'objectif primordial qui est de satisfaire les besoins en crédit des plus démunis. Trop souvent, les bailleurs de fonds préfèrent agir avec des institutions qu'ils connaissent déjà (ONG et sociétés de conseil situées en pays non sous- développés, universités jouissant d'une réputation de spécialisation dans le secteur du microcrédit), au lieu de se lancer dans l'inconnu en recherchant de nouveaux partenaires. Un grand nombre de bailleurs de fonds accordent leur financement à des ONG de pays du Tiers monde (directement ou par l'intermédiaire d'ONG partenaires situées en dehors du Tiers monde) sous forme de subventions, en tentant de rajouter un projet de microcrédit en annexe à un autre programme dédié à la santé, l'éducation, le développement ou conçu pour un groupe de population local ou une catégorie défavorisée. Ce n'est malheureusement pas l'environnement idéal, dans la mesure où la réussite d'un programme de microcrédit exige le travail de personnel et de méthodes spécialisés qui peuvent ne pas être disponibles, ni même désirables, pour une ONG dont la compétence procède aussi bien d'un secteur très différent. C'est pour cela que l'on entend quelquefois déclarer, après l'échec d'un tel projet, que le microcrédit « ne marche pas » dans le pays considéré. Autres bailleurs de fonds Les autres organismes bailleurs de fonds non compris dans les catégories précédentes sont les bailleurs de fonds bilatéraux qui n'appartiennent pas au GCAPD, les ONG situées dans des pays bailleurs de fonds qui rassemblent des fonds pour les programmes de microcrédit (leur propre programme ou celui d'un partenaire), en provenance de sources autres que celles des organismes d'état (appel à la bienfaisance publique, dons de fondations philanthropiques), les fondations et les particuliers. Les fonds provenant de ces sources ne représentent qu'une faible portion des ressources allouées au secteur du microcrédit.
LIMITES DES MÉCANISMES ACTUELS Un coût élevé Il est généralement fort coûteux de financer des PMC (ou « prêteurs au niveau local ») directement. C'est d'autant plus vrai lorsque l'on commence à rajouter les frais entraînés par les études de faisabilité, missions d'expertise, contrôles, administration, évaluations et publication de rapports (par le bailleur de fonds et le PMC). La situation est encore pire lorsque le bailleur de fonds ne possède pas d'antenne permanente dans le pays où se trouve le PMC ; lorsque l'antenne locale, si elle existe, ne possède pas de pouvoir de décision ou lorsque le bureau local est installé dans une capitale éloignée du site du PMC. Contribuent également au coût et à la lenteur du procédé : les salaires élevés des personnels en provenance des pays développés (personnel du siège, personnel de l'antenne locale et experts-conseil) et la pesanteur des administrations philanthropiques qui ont longtemps tout ignoré de la nature et des besoins uniques des programmes de microcrédit, ceux-ci étant fort différents des programmes traditionnels de dons et d'assistance.5 Utilisation d'experts-conseil Le plupart des programmes dépendent démesurément de l'utilisation d'experts-conseil et de prestataires situés dans le pays du bailleur de fonds. La plupart du temps, les experts utilisés ne sont pas ceux qui auraient dû être choisis. En raison de leur formation ou de leur expérience dans le secteur bancaire traditionnel, ils s'évertuent à « réformer » les PMC pour les transformer en institutions bancaires conformes à leur propre expérience. Trop souvent, ils se refusent à croire que le secteur du microcrédit est caractérisé par une logique et un comportement différents. Même lorsque l'expert montre une certaine ouverture d'esprit, le personnel du PMC (lui même payé de manière dérisoire par rapport à l'expert) devra consacrer du temps à « l'éduquer ». En dépit des efforts déployés pour amener l'expert à comprendre la situation, le rapport de celui-ci sera sans doute remanié par ses collègues, à l'intérieur de la société de conseil ou de l'organisme bailleur de fonds, qui ne comprennent pas la microfinance. La plupart des experts ne sont pas en mesure de cibler les plus démunis en dépit des déclarations et des garanties offertes par les bailleurs de fonds appartenant au GCAPD. En général, l'objectif des experts est celui qui leur a été indiqué par les organismes qui les embauchent. Dans la mesure où 40 % des organismes multilatéraux et 45 % des organismes bilatéraux ne croient pas à l'importance de cibler la pauvreté dans le contexte du soutien aux PMC, et lorsque l'on constate que même les organisations qui reconnaissent l'importance de cette question lui accordent une priorité moindre que d'autres (présumées plus importantes), les experts ne sont guère incités à la placer en tête de leurs préoccupations.6 La situation est encore aggravée du fait que les experts tentent quelquefois de convaincre les bailleurs de fonds d'éviter, ou de minimiser, l'emphase sur la pauvreté, car les PMC réellement préoccupés par la pauvreté apparaissent souvent extrêmement différents des institutions financières traditionnelles. Du point de vue des experts, ils semblent même avoir un bien plus grand besoin d'être « réformés » que les PMC ne ciblant pas la pauvreté. Il arrive trop souvent que les experts parviennent ainsi à supprimer ou affaiblir l'emphase accordée à la réduction de la pauvreté dans un projet, à tel point que celui-ci perd toute signification. Si les bailleurs de fonds désirent réellement cibler les plus démunis de manière rentable, ils devraient, en général, moins s'appuyer sur les experts-conseil. Lorsqu'ils sont dans l'obligation d'utiliser des experts, ils devraient employer ceux qui ont déjà fourni eux-mêmes des fonds de microcrédit aux plus démunis, ou qui ont au moins fait la preuve de leur accord avec les méthodes utilisées par les PMC ciblant les plus démunis. En dernier lieu, il est pratiquement toujours possible, et toujours préférable, de choisir un expert local plutôt qu'un expert expatrié. Une faible partie des ressources aboutit réellement entre les mains des plus démunis. En raison des coûts élevés associés à l'allocation directe de fonds aux PMC, ainsi que des coûts élevés (plus ou moins justifiés) encourus par de nombreux PMC chargés d'allouer les sommes reçues dans le cadre du microcrédit, une faible portion seulement de ces ressources est réellement utilisée sous forme de crédit à destination des plus démunis. Remarquons par ailleurs que si une partie de ces prêts est accordée aux pauvres, une autre partie est accordée aux non pauvres. Je suis prêt à estimer que la portion des fonds réellement reçue par les plus démunis se situe entre 10 et 25 %. Si l'on a affaire à une situation idéale, les fonds ne sont pas reçus par les plus démunis une seule fois mais un grand nombre de fois, repassant à travers le fonds de crédit chaque année et même, quelquefois, jusqu'à une fois par trimestre. Les organismes bailleurs de fonds, bilatéraux ou multilatéraux, devraient immédiatement : 1. Annoncer le montant et le pourcentage de leurs fonds alloués au secteur de la microfinance qui seront utilisés sous forme de prêts accordés aux plus démunis. 2. Publier chaque année un rapport indiquant si l'objectif précédent a été manqué, atteint, ou dépassé (et dans quelle mesure). 3. Annoncer publiquement quel système ils vont utiliser pour garantir que les fonds sont accordés aux plus démunis (s'ils ne possèdent pas encore un tel système) ou comment ils vont chercher à améliorer le système utilisé. 4. Divulguer ces informations aux membres du GCAPD, ainsi qu'aux PMC locaux, aux fonds de microcrédit (FMC) et aux ONG aussi largement que possible (en autant de langues différentes que possible). 5. Exiger de chaque bureau local qu'il publie un rapport annuel sur sa contribution en faveur de l'objectif établi pour ce pays. 6. Créer un mécanisme de GCAPD au niveau de chaque pays, permettant de réunir annuellement les membres du GCAPD représentés dans chaque pays dans le but d'évaluer les progrès et de procéder à une discussion de l'action future. IL EXISTE DES MÉCANISMES DIFFÉRENTS PLUS EFFICACES Fonds intermédiaires d'allocation de microcrédit : au niveau global, régional, national ou local Il arrive trop souvent qu'un PMC soit « rajouté » au dernier moment à un programme de crédit plus important. Il serait préférable de faire des PMC l'un des éléments essentiels de la panoplie des bailleurs de fonds et de leur attribuer une catégorie importante et distincte parmi les projets. Le secteur de l'aide internationale dépasse annuellement 50 milliards de dollars US. À l'heure actuelle, le microcrédit ne constitue même pas 1 % de cette activité. Pour réaliser l'objectif du Sommet, toucher 100 millions de familles parmi les plus démunies du monde, nous devrons œuvrer pour que le montant des ressources allouées aux PMC progresse jusqu'à représenter au moins 5 % du budget total annuel de l'aide internationale, soit 2,5 milliards de dollars US. Cela ne pourra être accompli qu'au moyen de la création et du renforcement des capacités au niveau local de manière à permettre le financement des PMC locaux. Seules des initiatives concrètes nous permettrons d'édifier des Fonds de microfinance privés intermédiaires, durables, au niveau local et de réorienter les ressources des bailleurs de fonds vers ces institutions pour qu'elles puissent démarrer et soutenir des PMC. Il faudrait que soient mis en place dans chaque pays un certain nombre de Fonds de microfinance indépendants, privés, des « intermédiaires d'allocation de fonds », au niveau national, provincial ou départemental et au niveau local. À mesure que s'accroît le nombre de Fonds de microfinance « intermédiaires », capables d'agir de manière professionnelle, le microcrédit connaîtra une expansion de plus en plus rapide. Bailleurs de fonds, praticiens/intervenants et gouvernements des pays bénéficiaires devraient se réunir pour édifier et soutenir des Fonds de microfinance « intermédiaires » privés et durables. À l'intérieur des pays les plus vastes ou dotés de secteurs de microcrédit robustes, tels que la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Bangladesh et les Philippines, on devrait pouvoir trouver des dizaines de Fonds de microfinance à même de satisfaire les besoins en microcrédit des pauvres. Dans les régions formées de pays moins vastes, comme en Amérique Centrale, les Fonds de microfinance peuvent desservir plusieurs pays simultanément. Il existe bien un rôle pour les fonds intermédiaires d'allocation au niveau mondial, mais leur action devrait diminuer à mesure que sont mis en place des Fonds de microfinance d'envergure nationale et locale. Les fonds intermédiaires d'allocation au niveau mondial peuvent offrir une étape de transition entre le système actuel et le système désirable dans les régions dont sont absents des Fonds de microfinance efficaces. Les bailleurs de fonds, qu'ils soient membres du GCAPD ou non, devraient réserver la priorité de leur financement aux Fonds de microfinance qui attribuent leurs ressources exclusivement aux PMC ciblant les plus démunis, ou leur en réservant tout au moins une portion considérable. Il n'est en général pas souhaitable que les bailleurs de fonds exigent des Fonds de microfinance d'indiquer au préalable le nom des PMC qu'ils ont l'intention de financer. Il serait préférable en revanche que la négociation porte sur les critères de sélection utilisés par les Fonds de microfinance pour évaluer les propositions formulées par les PMC. S'il s'avère que le Fonds de microfinance n'emploie pas en réalité les critères approuvés au préalable, le bailleurs de fonds est alors en droit de suspendre ou de stopper son financement de ce Fonds de microfinance. Je connais bien le fonctionnement de deux de ces Fonds de microfinance « intermédiaires » : la Fondation Palli Karma-Sahayak et le Grameen Trust, au Bangladesh. J'aimerais vous présenter rapidement l'expérience de ces deux Fonds. La Fondation Palli Karma-Sahayak (PKSF) : la PKSF est un fonds intermédiaire d'allocation établi au niveau national pour desservir les PMC du Bangladesh. Elle est responsable du financement de projets de tailles variées, aussi bien au niveau du démarrage que lors de la progression ultérieure. Sur les 1 300 demandes de financement présentées par des PMC, 162 ont été approuvées et ont donné lieu à des prêts offerts à des conditions particulières et dont le taux d'intérêt varie suivant la taille du programme. La PKSF a prêté 800 000 dollars US en 1990 mais ses activités lui avaient permis d'atteindre le niveau de 40 millions de dollars US en 1997. La Banque mondiale a déjà contribué 105 millions de dollars US à la PKSF : cela lui permet de toucher des dizaines de PMC, de toutes les tailles, sans le fardeau des procédures coûteuses et lentes que la Banque aurait dû mettre en place si elle était directement responsable de tous ces accords de financement. La PKSF fait maintenant l'objet d'études et d'imitations à l'intérieur d'autres pays. La PKSF emploie les critères de sélection suivants : les organismes de prêt au niveau de détail doivent cibler les pauvres et les familles sans terre ; les zones d'action de ces organisations doivent être situées dans des régions différentes du Bangladesh et ne doivent pas se recouvrir. En dernier lieu, ils doivent avoir mis sur pied un système d'information de gestion (SIG) et un système comptable. Le portefeuille de prêts de la PKSF comprend plus de 1,2 millions d'emprunteurs en zone rurale. Plus de 90 % de ces clients sont des femmes. À la fin du mois d'octobre 1998, la PKSF avait fourni approximativement 91,3 millions de dollars US aux organismes de prêt au détail qui avaient recyclé ce montant, à tel point que le total des prêts accordés atteignait 247 millions de dollars US.
Le Grameen Trust (GT) : depuis huit ans, le GT apporte son soutien financier et technique à un groupe de PMC, situés sur les continents asiatique, africain, européen et américain, qui s'est élargi jusqu'à comprendre à l'heure actuelle 70 projets dans 30 pays. Tout comme la PKSF, le GT accorde des prêts aux PMC partenaires à des conditions particulières. Le fait que ces prêts soient libellés en devise locale laisse la responsabilité du risque de change au GT plutôt qu'aux programmes eux-mêmes. De même, l'assistance technique et la formation du personnel du PMC sont offertes gratuitement, à moins que les coûts ne soient pris en charge en partie. Le financement du GT provient d'un grand nombre d'organismes : USAID, la Banque mondiale, les fondations Rockefeller et MacArthur, le Fonds d'équipement des Nations Unies (FENU), l'état allemand, Citibank et bien d'autres ont permis au GT d'accorder des prêts à des PMC de manière bien plus rentable et efficace que ces bailleurs de fonds traditionnels ne l'auraient pu faire eux- mêmes. C'est parce que le GT est un praticien/intervenant lui-même que cet organisme a pu forger une relation aussi fructueuse avec ses PMC partenaires : il lui est possible d'exiger un niveau de performance exceptionnel sans pour autant se montrer imbu de bureaucratie ou s'ingérer dans la gestion particulière de chaque programme. Le GT offre un ensemble de mécanismes de support portant sur le lancement des programmes, la formation et l'assistance technique disponibles de la part d'intervenants expérimentés (la méthode est un peu similaire à l'assistance reçue lors de l'ouverture d'une franchise dans un nouveau pays). Ce genre de support ne peut se trouver nulle part ailleurs car les bailleurs de fonds sont peu favorables à l'idée de financer des organismes récents ne pouvant se prévaloir de réussites passées. Le GT estime jouer le rôle d'un catalyseur : il jouit d'un avantage relatif dans la mise en place de nouveaux programmes. Ces programmes pourront recevoir les ressources accordées par les bailleurs de fonds traditionnels une fois accomplie l'étape du lancement. Au niveau local, les Fonds de microfinance « intermédiaires » sont en mesure de réduire les frais généraux de manière remarquable. Le coût encouru par un bailleur de fonds situé en Europe ou en Amérique du nord pour accorder un dollar US de prêt à une femme très pauvre vivant dans un village d'un pays sous-développé, et pour assurer la gestion correcte de ce prêt, est bien supérieur à celui constaté par un Fonds de microfinance basé dans un pays du Tiers monde. Alors que, dans le premier cas, la gestion d'un dollar US de prêt peut se monter à plusieurs dollars US, dans le deuxième cas, elle ne coûtera que quelques centimes. Ce mécanisme garantit qu'une plus grande partie des fonds reçus peut parvenir directement aux plus démunis sous forme de prêts, au lieu de ne pas dépasser le niveau des représentants d'organismes, ou de ne payer que les salaires, commissions et déplacements d'experts étrangers. La PKSF en a fait une démonstration très claire. Un autre avantage des Fonds de microfinance est qu'ils offrent aux PMC une source de financement ininterrompu, au moins aussi durable que leurs institutions. Il arrive souvent que les autres bailleurs de fonds ne puissent financer qu'une partie du développement de l'organisation et laissent le PMC dans une situation inconfortable lorsque la période, d'une durée souvent arbitraire, de financement prend fin. Il peut également se produire que les fonds en provenance du bailleurs de fonds soient transférés avec retard, à la suite de longues procédures de vérification qui n'ont pas été conçues dans le cadre du microcrédit, ce qui gêne l'attribution efficace de crédit aux pauvres. Parmi les obstacles les plus importants que peut rencontrer un PMC se trouve le fait d'imposer une attente supplémentaire à ses emprunteurs qualifiés simplement parce que le bailleur de fonds tarde à envoyer les montants convenus. Il nous a souvent été indiqué par nos partenaires que leurs dirigeants devaient consacrer une grande partie de leur énergie à mobiliser des ressources financières au lieu de consacrer cette énergie à contrôler la qualité du programme de prêt. Les PMC et leur personnel de direction doivent accorder beaucoup de temps à des procédures de contrôle et de présentation de rapports aux différents bailleurs de fonds. Or il suffit que le Fonds de microfinance devienne la source de financement unique et continue et emploie une procédure de contrôle uniformisée pour résoudre ce problème. Qui plus est, les Fonds de microfinance pourront plus aisément aider les PMC à parvenir à une situation de durabilité et de normalisation commerciale, remplaçant les dons purs et prêts à conditions particulières par des prêts commerciaux traditionnels. En l'absence de Fonds de microfinance, un trop grand nombre de PMC continuent à être financés par un mélange de subventions et de dons. Les Fonds de microfinance peuvent également apporter leur assistance aux PMC dans les domaines de la collecte de financement local et international en offrant des garanties et autres prestations d'intermédiation financière, telles que la promotion de leurs instruments financiers obligataires. Les Fonds de microfinance représentent non seulement la meilleure manière existant à l'heure actuelle de construire une capacité d'offre de crédit au niveau local, mais, à long terme, ils peuvent concrétiser une réalité financière robuste débouchant sur un nouvel environnement financier ayant un impact sur l'économie d'une nation. Parmi toutes les options offertes pour atteindre l'objectif consistant à offrir le microcrédit à 100 millions des familles les plus pauvres avant l'an 2005, c'est la création des Fonds de microfinance qui semble la plus prometteuse. Nous devons absolument tenter d'en retirer tous les avantages possibles. À l'heure actuelle, lorsqu'un bailleur de fonds veut financer les PMC d'un pays bénéficiaire au niveau local, il est généralement obligé de le faire sous la forme de subventions et de prêts accordés par l'intermédiaire de l'administration de ce pays. Dans le cas d'un prêt, c'est alors à l'état d'offrir la garantie de remboursement. Cela est dû au fait que les PMC sont en général incapables de prendre en charge le risque lié aux fluctuations des cours de change. Aussi longtemps que les bailleurs de fonds continueront à vouloir accorder des subventions individuelles à chaque PMC, ceux-ci auront le plus grand mal à s'établir solidement car il n'existe en général pas de source de financement dans le pays lui-même. C'est aux Fonds de microfinance « intermédiaires » d'apporter la réponse à ce problème. Il faut absolument faire appel aux sources locales de capital de financement si l'on veut voir s'édifier une industrie de microcrédit et du capital épanouie et robuste. Le mécanisme des Fonds de microfinance facilite grandement l'apport de ressources provenant des bailleurs de fonds pour la formation, la recherche et l'introduction de technologies de l'information qui conduiront à une amélioration des systèmes d'information de gestion. Ce mécanisme est adéquat et permettra une réduction des frais de gestion : il représente le meilleur moyen de renforcer les capacités locales tout en accroissant la durabilité des programmes mis en place. Le GCAPD représente le forum de bailleurs de fonds le plus qualifié pour mettre en place un ensemble de directives régissant les apports de fonds et en assurer l'efficacité. Il existe des arguments à l'encontre des Fonds de microfinance Nombreux sont les « experts » déclarant que les organisations « intermédiaires d'allocation » (dénommées « organisations faîtières ») ont régulièrement fait la preuve de leur échec par le passé. Les exemples cités concernent la plupart du temps des organismes de fonds faîtiers gérés par l'état, souvent bâtis sur le modèle des organismes de bienfaisance. D'autres exemples font référence à des organisations faîtières établies uniquement pour permettre aux organismes bailleurs de fonds et à leurs experts de transférer des sommes importantes. Il est évident que si l'on fait pression sur une organisation faîtière d'état pour la forcer à débourser rapidement des fonds à un groupe ou à une région pour des raisons politiques, ou si une organisation faîtière régie par un bailleurs de fonds doit débourser ses fonds rapidement en faveur d'une ONG dont le siège est situé en dehors des pays sous-développés, ces institutions auront une action inefficace ou pire qu'improductive. J'ai toujours soutenu que l'association de la raison d'état et de l'action du microcrédit aboutit à des résultats désastreux et de tels exemples ne devraient pas prêter à confusion. En conclusion, les Fonds de microfinance « intermédiaires » tels qu'ils sont conçus maintenant peuvent réussir et ont fait la preuve de leur rentabilité. Les comparer injustement avec des organismes différents (tels que les « fonds faîtiers » soumis aux décisions politiques d'un gouvernement, d'un bailleur de fonds ou d'une politique de bienfaisance) ne permet pas de clarifier le débat. QUELQUES CHIFFRES Le Sommet du microcrédit a estimé qu'il faudrait 11,6 milliards de dollars US pour que 100 millions de familles puissent bénéficier de subventions et de prêts à conditions aménagées. Il serait possible d'obtenir ces 11,6 milliards de dollars US supplémentaires en relevant le pourcentage du Programme d'aide publique au développement alloué au microcrédit destiné aux plus démunis pour qu'il atteigne 5 %. Une autre solution consisterait à garantir qu'une proportion plus élevée des sommes existantes au sein du secteur de la microfinance parvienne réellement entre les mains des plus démunis par opposition aux pauvres ou même aux non pauvres et que ces sommes soient employées de façon plus rentable et administrativement moins coûteuse.) Je propose que les sources de financement bilatérales et multilatérales allouent un minimum de 5 % de leur assistance financière internationale au microcrédit. Je crois qu'une telle décision obtiendrait la faveur du public au sein des pays des bailleurs de fonds, surtout si les bailleurs de fonds s'engagent à ce que la plus grande partie de ces sommes parviennent aux plus démunis. Ma deuxième proposition serait de vérifier que, sur ce montant, 70 % parvienne aux mains des plus démunis sous la forme de prêts accordés au cours du premier cycle (au lieu d'être utilisé pour la création de capacité et avec la promesse que cette création de capacité permettra d'obtenir ultérieurement des fonds supplémentaires pour les plus démunis). Lorsque ces sommes sont remboursées par les pauvres à l'issue du premier cycle, il faudrait que la plus grande partie soit à nouveau employée pour un second cycle de prêts, le montant restant étant affecté à d'autres postes (création de capacité utilisant les ressources locales, investissements technologiques entraînant une amélioration de l'efficacité des PMC). Les sommes versées par les emprunteurs au titre des intérêts peuvent financer les frais administratifs des PMC. Les intérêts facturés par les Fonds de microfinance aux PMC peuvent être moins élevés au cours de la première phase des programmes, et augmentés lorsque les programmes sont bien établis. Cette mesure devrait garantir que les programmes en phase de démarrage possèdent des fonds administratifs garantissant leur croissance, ce qui leur permet de diminuer le coût unitaire des fonds prêtés. Il devrait être possible de transférer la majeure partie de ces fonds supplémentaires par l'entremise des « intermédiaires », en particulier si l'on inclut les « intermédiaires d'allocation » agissant au niveau mondial. Durant la période intermédiaire, on peut utiliser le financement obtenu pour créer des Fonds de microfinance dans les régions où ils n'existent pas. LES BAILLEURS DE FONDS ONT UN RÔLE À JOUER POUR CRÉER UN CADRE DE RÉGLEMENTATION PROPICE AU SECTEUR DU MICROCRÉDIT En premier lieu, les bailleurs de fonds, ainsi que les nations du Tiers monde, devraient prendre l'engagement formel de ne pas encourager (et encore moins adopter) de structure de réglementation des PMC et des Fonds de microfinance qui puisse gêner la création de nouveaux programmes de microcrédit ou la croissance des programmes existants. J'ai pu constater qu'un trop grand nombre des projets de réglementation circulant dans l'industrie auraient ce genre de conséquences néfastes. La plupart du temps, les PMC les plus menacés sont ceux qui ciblent les plus démunis, car les experts qui élaborent les propositions de réglementation ont trop souvent à l'esprit l'image d'institutions financières traditionnelles ou de PMC qui leur ressemblent. Les structures de réglementation des programmes de microcrédit ne devraient pas être conçues par les experts de bailleurs de fonds ou les banques centrales. Au cours de la première phase, il faudrait pouvoir utiliser une autoréglementation issue des besoins des PMC et des Fonds de microfinance eux-mêmes, en accordant une attention particulière aux PMC et aux Fonds de microfinance qui ciblent exclusivement les plus démunis. Il serait absolument désastreux d'imposer à l'industrie du microcrédit, au stade de l'émergence, les structures réglementaires des banques traditionnelles. LE RÔLE DU GCAPD Il est évident que le GCAPD est en mesure de jouer un rôle de catalyseur primordial pour promouvoir les changements que je viens de décrire au cours de cette présentation, et ce, pour les raisons suivantes : 1. Tous les bailleurs de fonds principaux appartiennent déjà au GCAPD. 2. Le GCAPD a déjà bénéficié de quatre ans d'expérience. 3. Le GCAPD cible les plus démunis (de par son nom même, ainsi que du fait de son adoption de définitions très précises des pauvres, des plus démunis, etc....). Chaque bailleur de fonds peut décider de lui-même d'adopter les mesures suggérées au sein de cette présentation avant de partager son expérience avec les membres du GCAPD et les autres membres de la communauté internationale des bailleurs de fonds. Il est grand temps que nous commencions à franchir ces étapes.
1 L’auteur aimerait exprimer sa profonde reconnaissance à monsieur Alex Counts, président de Grameen Foundation USA sans le soutien de qui cette présentation n’aurait jamais pu être rédigée. Je tiens également à remercier toutes les personnes dont les commentaires m’ont aidé à clarifier et développer plusieurs des sujets abordés dans ces pages. Il ne s’agit pas d’une publication académique et j’ai présenté un certain nombre de points de vue qui me sont personnels. 2 Le Sommet du microcrédit et le GCAPD ont défini « les plus démunis » comme étant situés dans la moitié inférieure de la catégorie des personnes vivant au---dessous du seuil de pauvreté d’un pays donné (les « pauvres » étant tous ceux qui vivent au-dessus de cette ligne de pauvreté).3 Une enquête menée par le « Comité de travail du GCAPD visant à améliorer les outils de financement des bailleurs de fonds et les méthodes du secteur de la microfinance » a conclu qu’un organisme multilatéral a six fois plus de chances qu’un bailleur de fonds bilatéral de transférer les fonds destinés à la microfinance à des programmes mis en place par des agences étatiques.4 Source : Statut des investissment du GCAPD – Phase I, GCAPD, Novembre 19985 Pour tous les organismes bailleurs de fonds membres du GCAPD, il n’existe que 100 employés possédant l’expérience du microcrédit et la plupart d’entre eux sont concentrés au sein d’un petit nombre d’organismes. (Source-- : « Rapport du Comité de travail SAP au sujet des réponses au questionnaire », Comité de travail du GCAPD visant à améliorer les outils de financement des bailleurs de fonds et les méthodes du secteur de la microfinance (Mise à jour, juin 1998).6 Source: Comité de travail du GCAPD visant à améliorer les outils de financement des bailleurs de fonds et les méthodes du secteur de la microfinance : Rapport du Comité de travail SAP au sujet des réponses au questionnaire (Mise à jour, juin 1998), p. 4
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