Pro Mujer/Bolivie
Countdown: Comment s'est lancée Pro Mujer?
De qui était l'idée et quelles étaient les activités avant l'établissement
de Pro Mujer?
Je travaillais comme consultante à El Alto en
1984, avec les femmes utilisant des methodologies, en vue de développer des
materiaux de formation et d'intervention pour leurs enfants, leurs vies, et
leurs familles. Elles étaient toutes des bénéficiaires de l'alimentation,
soit par les programmes de la nourriture pour le travail, soit par la nourriture
donnée aux clubs maternaux. En 1990, ces programmes étaient terminés. Les
femmes ne savaient absolument pas quoi faire. Parce qu'elles étaient dans les
groupes, (elles s'inscriraient à ces programmes de nourriture à long terme)
elles ne savaient pas très bien comment répondre à leurs besoins individuels.
Elles commençaient à explorer des sources d'aide différentes. Elles se sont
adressées à nous et en compagnie d'une amie, Lynne Patterson, nous les avons
conseillées. Nous avons commencé à développer un programme d'intervention,
prennant leurs idées et leurs éspoirs en considération.
Nous avons développé des materiaux de formation
et nous avons commencé à instruire les femmes selon leurs besoins. Au début,
ce qu'elles désiraient le plus était de la formation. La seule chose dont
elles étaient absolument sûre de pouvoir acquérir était la formation en
sante- étant des mères voulant supporter leurs familles- mais elles ne
pensaient pas à leur propre santé. Nous travaillions à développer leur
confidence et leur indépendance, tout en leur apprenant à répondre aux
besoins de leurs familles, aussi bien qu'à leurs propres besoins. Pendant deux
années, elles ont participé aux sessions de formation, afin d'utiliser ce
qu'elles avaient appris à aider leurs familles et elles-mêmes. Enfin, elles
ont atteint leurs premiers buts, et elles disaient, "Bien, mainenant nous
allons être en charge de notre santé, nos besoins alimentaires, l'instruction
de nos enfants, de notre nourriture, des soins de l'enfance, mais il nous faut
des ressources pour le faire."
En 1993, nous avons commencé à chercher des
ressources et des moyens, afin de donner du crédit aux femmes. Elles étaient
très pauvres. Quelques unes d'entre elles s'adonnaient déjà à des activités
génératrices de revenus, mais elles en perdaient de l'argent, faute de
savoir-faire. Au debut, nous avons du leur donner des classes sur comment
établir un commerce. Ensuite, nous avons découvert que le meilleur moyen de
mettre en pratique ces connaissances était de leur donner du crédit. Vers la
fin de 1993, nous avons commencé à leur faire des micro-prêts. Mais nous
n'avions pas une methodologie adéquate.
Countdown: et au début quel était le montant
…$20, $50?
Bien, le prêt moyen était de $50. A ce point,
plus ou moins 2,000 femmes avaient des liens au programme. C'était à El Alto,
un endroit urbain, près de La Paz. Le taux de croissance annuelement est de
10%. Cette croissance est dûe au fait que les gens des endroits ruraux et des
autres villes sont allés y installer, et ils travaillent à La Paz. C'est un
endroit très pauvre
Nous avons commencé avec ces groupes. Notre
méthodologie n'était ni raffinée ni très claire. Notre travail n'était pas
efficace. Nous n'avions pas une claire idée de ce que represente la
perennisation. Nous essayions des méthodes différentes afin de savoir laquelle
marchait mieux et répondait mieux aux besoins de la population avec laquelle
nous travaillions. En 1994 nous avons visité la Grameen Bank au Bangladesh. Ils
nous ont beaucoup appris. En revenant, nous avons décidé de raffiner la
méthodologie et la rendre plus efficace. Nous nous rendions compte qu'il était
nécessaire d'atteindre un certain niveau d'autonomie, afin que nos clientes
puissent avoir confiance en nous à long terme, et qu'elles puissent mieux
gérer leurs commerces et leurs vies. Nous avons défini des périodes de temps
pour donner les prêts. Après l'avoir discuté, nous avons décidé que
l'intérêt doit revenir à Pro Mujer et non pas aux clientes comme au début.
Nous avons conçu notre plan stratégique pour démontrer comment mieux
développer notre capacité, en vue d'une opération plus éfficace.
Ensuite nous commencions à étendre nos
opérations, pas seulement à El Alto, mais aussi à trois autres villes-
toujours aux endroits péripheriques, où la population était très pauvre et
n'avait aucun accès aux services sociaux. Nous avons procédé à daptation de
notre méthodologie, afin de la rendre plus utile aux clientes et plus éfficace
à l'institution. Au début, chaque officier s'en est chargé de deux centaines
de clientes. Maintenent, chacun s'en charge de 1,500. Nous avons vu des
changements énormes dans la gestion de l'institution, aussi bien que du niveau
de satisfaction des clientes. Les clientes reçoivent des services améliorés.
Countdown: Voudriez-vous décrire brièvement
votre méthodologie, spécifiquement la formation de groupe et comment la
méthode s'emploie t-elle?
Au début, les groupes étaient conçus comme des
clubs maternaux. Parce que ces groupes étaient déjà formés, nous pensions
que cétait préférable de les garder et les utiliser pour offrir le service
aux clientes. La meilleure façon était d'adapter la méthode bancaire
villageoise. Mainenant, nous réunissons des groupes en moyenne de trente
femmes, et les emmenons à des endroits loués par Pro Mujer. Elles se rendent a
cves endroits une ou deux fois par semaine et une ou deux fois par mois pour
recevoir des formations. Notre méthodologie est étroitement liée aux services
supplémentaires: la formation, les services sanitaires, et des autres services
démandés par les femmes. Nous pouvons offrir ces services de manière
éfficace et non couteux pour l'institution .
Countdown: Quels seraient vos conseils à un
programme qui offre des services financiers et voudrait s'impliquer aux autres
domaines, mais qui craint que l'inclusion de la santé et des autres services
puisse avoir un effet nuisible à son efficacité? Comment les services
peuvent-ils être offerts de manière non-couteux?
Il faut être très prudent parce qu'on peut
courir le risque de mettre l'institution en péril. Une des solutions, que nous
avons adopté, est de séparer, non seulement les comptes de chaque programme,
mais aussi les résponsibilités assignées à la personne ou aux ressources
humaines. Le travail doit être délegué aux équipes particulières, composé
des gens particuliers qui font des choses particulières. Tout le monde ne doit
pas éssayer d'accomplir tout. C'est l'un des moyens de rendre efficace les
operations de l'institution. Sans doute, il sérait simplement plus facile de ne
fournir que des services financiers aux clients. Mais, il faut se rendre compte
que, vu les conditions de vie de nos clientes, [ces autres services] sont
nécessaires pour aider les clientes à surmonter l'exclusion dans laquelle
elles vivent. Nos clientes sont très pauvres. Elles n'ont pas l'accès facile
aux services, et elles ne comprennent pas comment en profiter; il faut les
encourager à prendre avantage de tous les services auxquels elles ont droit.
Nous avons découvert que souvent, un client ne paie pas ses dettes à cause
d'une santé très pauvre. N'importe quelle petite maladie de leurs enfants ou
d'elles même, pouvaient les prévenir de gérer leurs affaires et naturellement,
puvaient les empêcher de rembourser leurs prêts. Il y a une année de cela,
nous avons commencé un plan de sante, où les clientes donnent $0.50 chaque
mois de leurs comptes d'épargne, et ensuite elles ont accès à un médecin
régional et à une infirmière à chaque endroit d'opération. Elles et leurs
enfants récoivent les services essentiels de santé. Avec cette petite somme
d'argent, nous pouvons maintenir les services de santé.
Countdown: Serait-il $0.50 le mois par cliente?
Oui, $0.50 le mois par cliente.
Countdown: L'infirmière d'un groupe combien de
patients soignerait-elle: trente femmes et/ou les membres de leurs familles, et/ou
leurs enfants?
Chaque infirmière dessert une population d'une
moyenne de 1,500 clientes et leurs enfants. De ces clientes, seulement un
pourcentage limité auront besoin des services de santé, et ceux-ci peuvent
être fournis par l'infirmière. Quand l'infirmière découvre quelque chose
qu'elle ne peut pas traiter, elle refère la malade à un médecin.
Il faut prendre en considération que Pro Mujer a
découvert que, afin d'être plus éfficace et de pouvoir rendre aux clientes
les services [comme] la formation et l'assistance technique, il faut que les
clientes se rassemblent à des centres. Par exemple, à El Alto, où la
population n'est pas aussi dispersée qu'aux autres endroits ruraux, nous louons
des centres. C'est une maison avec trois ou quatre salles de réunion, là où
une moyenne de 1,200 femmes se rassemblent régulièrement à ce foyer central
pendant le mois. Chaque semaine ou toutes les deux semaines, elles viennent au
centre. A cette installation, nous avons une infirmière permanente qui examine
toutes les femmes et tous les enfants si leurs mères le veulent. Si
l'infirmière trouve quelque chose de mal, elle les refère au médecin qui est
employé par l'institution à temps plein. Soit elles envoient les femmes ou les
enfants au médecin, soit ils viennent aux facilités médicales qui se trouvent
à chaque foyer. En ce sens, nous avons vu une amélioration des indicateurs de
santé.
Par exemple, le pourcentage d'enfants qui ont
reçu des vaccinations pendant l'année passée a augmenté énormément. Ce
n'est pas que les services de santé n'éxistent pas dans la communauté, ils
éxistent, mais elles n'ont pas confiance en eux, et elles n'ont pas le temps.
Elles ne comprennent pas l'importance de vacciner leurs enfants. Je pouvais vous
fournir des chiffres. Je suis certaine que notre dernier rapport a annoncé une
augmentation de 30%.
Prenez, par exemple, le planing familial. Ici en
Bolivie, c'est une question importante. Elles voudraient avoir un centre de
planing familial, et limiter le nombre d'enfants, mais elles n'osent pas aller
au centre médico-social, elles ne veulent pas être vues par tout le monde ou
par n'importe qui. Mais parce que nous offrons ce service à un endroit où
elles s'habituent, et où tout le monde se connait, elles n'ont pas peur. Donc,
elles commencent à faire le planing familial plus ouvertement.
Countdown: Bon, examinons le Plan d'Action
spécifiquement. Je veux le regarder à travers les thèmes centraux du Sommet
du Microcrédit: atteindre les plus pauvres, atteindre et donner l'indépendance
aux femmes, et assurer un effet positif et mésurable sur la vie des clients et
de leurs familles. Il semble très claire que l'histoire de Pro Mujer vient de
son travail avec les femmes. Considéreriez-vous cela comme la force de Pro
Mujer, j'imaginerais.
Bien sûr, parce que nous n'avons pas seulement
vu les changements, mais nous les avons démontrés avec les évaluations
d'impact. Nous avons appliqué les outils AIMS, en deux endroits, à El Alto et
à Cochabamba. Pour les deux, les changements de pratique et aux conditions de
la vie et au niveau d'indépendance des femmes étaient absolument évidents.
Countdown: Est-ce que c'était un des outils les
plus simples d'AIMS? Est-ce que vous avez utilisé un groupe d'essai, un
échantillon de 50 femmes?
Dans les deux cas, nous avons utilisé un groupe
d'essai. Nous avons appliqué les cinq instruments. Nous avons utilisé un
groupe focal. Les résultats étaient impressionants. Ce qui est important de
mentionner est que les resultats n'ont pas accusé un changement à 100%. Les
changements étaient minimes mais réguliers- partout où les tests ont eu lieux
a révélé des améliorations considérables.
Countdown: Est-ce que vous le considérez comme
étant un changement limité dans un espaced'une année?
Nous avons utilisé trois groupes, l'un qui
était débutant, un autre qui a été dans le programme pendant deux ans, et
une troisième qui avait quatre ans. Nous pouvions voir des changements par
rapport au temps. C'était clair que le groupe qui était à l'institution
pendant quatre ans démontrait un meilleur profil que les groupes débutant dans
tous les aspects de leur vie.
Countdown: Pensez-vous à faire l'usage des
outils d' AIMS à l'avenir, ou pensez vous les simplifier en vue de les rendre
plus utiles?
Maintenant nous avons un Plan d'Action pour ce
problème specifique. A El Alto, nous avons appliqué les outils AIMS en
l'adaptant à notre culture, la langue et autres petits détails; mais, en
général, nous les avons appliqués tout à fait comme ils sont. A Cochabamba,
nous les avions utilisés pour un besoin très spécifique, ainsi nous les avons
raccourcis. Nous avons découvert que même raccourcis, ils étaient valables et
ils nous donnaient beaucoup d'information. Nous voulons utiliser cette nouvelle
version, la raccourcie, régulièrement tous les deux ou trois ans. Une des
forces de Pro Mujer est que nous restons à l'écoute de nos clientes. Et
l'outil AIMS est un des meilleurs moyens de le faire.
De plus, afin de créer un suivi permanent des
indicateurs et de savoir comment ça marche avec nos clientes, nous allons
reduire ces outils encore un peu plus, choisissant dix à quinze questions que
nous avons trouvées necessaires pour nous donner l'information dont nous avons
besoin. Nous allons les inclure dans notre Système de la Gestion de
l'Information (SGI) que nous venons de refaire. De ce que nous avons vu pendant
la mise au point du SGI, il est très facile à utiliser. Le système de rapport
que nous allons avoir, sera très efficace. Nous allons inclure des indicateurs
d'impact dans notre système de rapport.
| Plan d'Action Institutionnelle |
| Objectifs Stratégiques |
Au 31déc. 1998 Courant |
Au 31 déc. 1999 Courant |
Au 31 déc. 2000 |
| 1. Nombre de clientes actives (clientes avec un prêt
actuellement) |
16,669 |
18,919 |
22,294 |
| 2a. Nombre de clientes qui étaient très pauvres1
pendant leurs premiers prêts |
80% |
80% |
80% |
| 2b. Quelle mesure de pauvreté était utilisée pour déterminer numéro 2a? (ex. CASHPOR house index, Classement Participatif, estimation ou
autre) |
Activité |
Activité |
Activité |
| 2c. Pourcentage de numéro 2, au dessus, qui sont les femmes. |
95% |
95% |
95% |
| 6. Pourcentage de clientes très pauvres au moment de leurs premiers prêts qui ont maintenant franchi le seuil de pauvreté |
70.6% |
70.6% |
70.6% |
1.
Très pauvre dans les pays en développement se réfère aux familles dont les revenus sont au-dessous du seuil de pauvreté.
Pour plus de renseignements, adressez-vous à
Carmen Velasco par E-mail: cvelasco@pro-mujer.org
ou par fax: 5912 784711
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