ZAKOURA: Promouvour le Micro-credit en Afrique du nord
![[Benmaazouz]](http://www.microcreditsummit.org/newsletter/graphics/benmaazouz.jpg)
Quels sont les débuts de Zakoura ?
Faites-nous une petite historique ?
Zakoura est fondé en 1995 par Noureddine
Ayouch, notre Président. Il a fondé Zakoura dans le but d’accorder des
prêts à de jeunes diplômés. Cependant, le gouvernement Marocain a
initié un programme similaire peu de temps après. Zakoura a alors changé
d’objectif pour cibler les démunis avec des prêts de 1000 diram ( 100
USD).
Comment Mr. Ayouch a t-il été informé du
microcrédit ?
Mr Ayouch a été informé du microcrédit
par Maria Nowack, Présidente de ADIE, France visitant le Maroc. Elle est un
membre du Conseil d’Administration de Zakoura.
Quelle sorte de formation reçoit Zakoura ?
Au début nous avons commencé par les moyens
de bord. Nous avons reçu des rapports et des manuels du Chili d’une
organisation appellée « Fondation Contigo ». Mr Ayouch s’est
alors rendu au Bangladesh pour observer Grameen et de là, il a eu l’idée
de former des groupes de solidarité. Il s’est mis à appliquer la
méthodologie de Grameen à Zakoura. Il y était resté cinq jours et avait
passé tout le temps sur le terrain durant toute la durée de son séjour.
Après la visite de Mr. Ayouch, Maria Nowak retourna à Zakoura avec deux
experts pour former le personnel, qu était au nombre d’approximativement
20 sur la gestion du projet, l’exécution du projet, et les thèmes
similaires.
Comment la méthodologie de Zakoura a changé
depuis sa création en 1995 ?
Dans l’espace d’un an de la création de
Zakoura, l’organisation est passée par des
changements importants. Les visites à la fois de Mr Ayouch au Bengladesh et
celle de Maria Nawak à Zakoura ont déclenché des changements énormes.
Nous avons suspendu de donner des prêts individuels et aux hommes. En
addition à ces deux changements, nous avons changé l’objectif de notre
activité de prêt. Au début nous travaillions de façon archaïque,
faisant des prêts à des zones entières autour de Casablanca. Nous avons
décidé de limiter nos activités de prêt aux zones urbaines et rurales
ayant une concentration de pauvres, en cessant de faire des prêts à
quiconque. En guise du quatrième changement, nous avons institué un
système progressiste d’augmentation du montant de prêt. Au début nous
faisions des prêts de 1000 à 5000 dirams ( 100 à 500 USD), alors nous
avons initié un systéme où nous avons commencé avec des prêts de 1000
dirams et ensuite augmenté le montant après un nombre de termes.
Comment déterminez -vous les communautés à
visiter ?
Quand nous arrivons dans une zone, nous
recueillons toutes les statistiques disponibles sur la région. Ensuite,
nous faisons des études pour évaluer l’accessibilité de la région,
voir si la région est pauvre ou si les habitants sont déjà engagés dans
un programme de microcrédit.
Combien coûte l’étude du milieu et
comment est-elle faite ?
L’étude du milieu est tout à fait simple.
Nous n’utilisons pas des études déjà faites ou faisons des interviews.
Nous faisons un maximum de deux visites de terrain. Au cours desquelles nous
entrons dans les maisons des gens ou, les observons. Nous notons s’il y a
des routes ou pas. Nous allons au marché pour observer s’il y a des
femmes ou pas. Si non, nous essayons de chercher où sont les femmes. Il est
important de noter qu’au Maroc il y a des zones densément peuplées avec
des populations extrèmement pauvres. Il y a 5 millions de personnes qui
vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il n’est pas alors difficile de
décider dans quelle zone avoir un programme de micro-crédit.
Après avoir décidé, quelle sont les
étapes à suivre?
Après avoir choisi un site, nous cherchons
un agent de crédit du milieu et nous commençons la formation.
Quelles sont les qualifications de vos
agents ?
La plupart de nos agents ont le niveau
baccalauréat avec deux à quatre ans d’études supplémentaires. Mais
ceci n’est pas aussi important que le niveau de motivation, la volonté de
travailler pour le Zakoura, la capacité de travailler de longues heures et
celle de produire des résultats.
Quelle est la durée de la formation de l’
agent ?
La formation dure un mois. Pour une semaine
on leur enseigne la philosophie sur laquelle pivote l’action du
microcrédit. Nous mettons l’accent sur les grandes lignes et le manuel
des procédures. Après , ils sont envoyés sur le terrain pour travailler
avec d’autres agents de crédit, dont certains sont efficaces, d’autres
cependant, non.
Comment est ce qu’un agent débute un
programme sur le terrain ?
Après avoir complété le programme, il
retourne sur son site et organise une réunion avec ses clients. L’agent
discute avec les femmes de leurs droits et responsabilités en temps que
participants au programme, et les aide à s’organiser elles-mêmes en
groupes.
L’agent parle t-il seulement aux femmes ou
aux leaders de la zone ?
Au début, l’agent parle seulement
aux femmes. L’agent va dans les lieux de rassemblement importants, dans
les rues, au marché, devant les domiciles, et essaie de rassembler les
femmes pour des sessions d ‘information. A cette session, l’agent
essaie de donner des explication sur Zakoura … de même que des concepts
tels que le crédit et les intérêts. A ce stade, les femmes retournent
chez elles et s’organisent en groupes de solidarité. Après qu’elles se
soient organisées en groupe de solidarité, elles retournent chez l’agent.
L’agent va vérifier l’information chez chaque femme. L’agent vérifie
si la femme est engagée dans une autre activé quelconque, et si non,
pourquoi pas, si la femme est pauvre ou pas , et si elle est de bonne
qualité morale. La femme ouvre alors un dossier et lui établit une carte
d’identité.
Comment Zakoura détermine t-elle le niveau
de pauvreté ?
Premièrement l’agent rend visite à la
maison pour constater si le foyer est bien meublé ou a un poste de
télévision ou un magnétoscope. Si oui la femme ne peut bénéficier de
Zakoura. L’agent évalue aussi le niveau de revenu du foyer , qui ne
devrait pas être au delà du seuil du niveau national. Le revenu du foyer
devrait être de 1500 dirham par mois pour une famille de cinq qui
correspond au seuil national de pauvreté ( 31 USD par personne par mois, ce
qui est de 1 USD par jour par personne). Après que le dossier soit ouvert,
les femmes, en huit groupes de cinq, sont rassemblées pour s’accorder sur
le lieu de remboursement du prêt, le jour, et l’heure. Il revoit tous les
détails pour qu’il n’y ait pas de possibilité qu’une femme
n’arrive pas à faire les remboursements, ou ne réussisse pas dans son
projet. Après tout, l’agent et le chef représentant la zone se rendent
à une banque commerciale pour toucher les fonds, et les distribuer aux
leaders de groupes.
Dans votre plan d’action, vous avez
mentionné que 20% de vos clients franchissent le seuil de pauvreté après
leur second, troisième ou quatrième prêt. Comment le déterminez vous?
En fait, cela était tout à fait simple.
Nous travaillions sur les dépenses et les recettes sur un échantillonnage
de 350 femmes qui sont revenues pour leur second, troisième, ou quatrième
prêts. Nous nous sommes rendus compte qu’approximativement 20% ont passé
le seuil de pauvreté pendant la période de prêt, cette durée étant de
six mois.
Je comprends que Zakoura fait partie du
programme Microstart de UNDP. Comment arrivez-vous à intégrer le
Microstart et quels avantages y tirez vous en tant que membre ?
Nous avons reçu un don de $ 100 000, que
nous avons utilisé pour un support institutionnel, comprenant les
ordinateurs, la mise à jour des services informatiques, des ateliers. Nous
avons aussi loué les services d’une consultante marocaine pour cinq mois,
et elle nous a aidé à moderniser et standardiser les méthodologies de
Zakoura. Elle a travaillé à débarrasser la structure de Zakoura de petits
problèmes.
Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre
expérience avec MicroStart ?
Il y a eu de nombreuse visites de terrain par
le Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD) et Save the
Children et après chaque visite, ils ont fait des rapports détaillés sur
les aspects positifs et négatifs du programme avec des recommandations pour
une amélioration. Bien qu’il n’y ait pas de changements officiels à la
méthodologie de Zakoura, leurs rapports étaient utilisés pour promouvoir
de nouvelles idées et susciter des discussions. Au cours des ateliers de
Microstart, nous avons appris la gestion du temps, la méthodologie de
notations, l’évaluation des impacts. Finalement, Zakoura n’a jamais eu
des informations à jour sur le traitement des données. Grâce au don, nous
étions capables de créer un réseau informatique avec tous les appareils
compatibles.
Pouvez-vous nous dire quelque chose
concernant la procédure par laquelle vous êtes passé pour développer
votre plan d’action institutionnelle ( PAI) ?
Les objectifs à long termes sont
déterminés par un comité de pilotage, constitué par des personnes du
conseil d’administration, et du personnel qui se réunissent six à huit
fois par an pour prendre des décisions concernant les actions de Zakoura .
Le PAI était discuté par le conseil au cours de ces réunions pour les
objectifs ultimes de Zakoura. Le comité de pilotage actuellement prépare
le PAI.
Dans votre PAI, vous avez indiqué que le
nombre de vos clients a triplé de 1997-1998 et doublé de 1998-1999. Vous
avez projeté qu’en décembre 2000 vous allez doubler le nombre de clients
encore et passer de 13 000 à 27 000 clients. Avez -vous un plan de doubler
le nombre de clients ?
En 1998, nous avons mis sur pied un plan de
développement, et nous avons constaté chaque année que ce nombre de
clients doublait. La Banque Mondiale a aussi publié un rapport mentionnant
le fait que nous avons un potentiel de toucher environ 500,000 clients. Au
début, Pancho Otero nous a dit que doubler le nombre de clients, pour une
organisation de microcrédit , n’est pas inhabituel. Avec cette
information, nous avons projeté que nous aurions pu doubler nos clients en
l’an 2000.
Quel sortes de défis auxquels vous faites
face avec le doublement ou triplement des nombres de clients?
Les défis les plus significatifs sont les
procédures de suivi et celles de remboursement de prêts. Avec peu de
clients, il était très simple de savoir ceux qui ont remboursé leurs
prêts, ceux qui ont reçu leurs suivants. Cependant avec un plus grand
nombre, ceci est devenu plus difficile. Il est toujours plus aisé de suivre
le premier prêt, mais pour les prêts suivants, les procédures de suivi se
révèlent beaucoup plus difficile.
Vous n’avez pas de chiffres montrant
l’épargne, bien que vous indiquiez que vous les avez. Pourquoi cela?
Au Maroc, les institutions de microcrédit ne
sont pas autorisées à collecter les épargnes. Comme alternative, nous
encourageons les gens à placer leurs épargnes à la caisse d’épargne
locale. Cependant , bien que nous connaissions celui qui épargne, nous
n’avons pas les moyens de savoir le montant épargné, mais nous
encourageons nos clients à économiser
Vous avez fait mention d’avoir atteint 52%
d’autonomie. Comment êtes-vous arrivé à ce chiffre ?
Très simple nous avons suivi la
méthodologie proposée par le CGAP dans leur rapport et nous en étions
très satisfaits.
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