Countdown 2005

 


Chaque institution joignant un conseil de Micro-crédit s’engage à developper un Plan d’Action Institutionnelle soulignant comment elle arrivera à atteindre l’objectif du Sommet. Dans ce numéro, nous présentons le Plan d’Action Institutionnelle de Zakoura. Un marocain, membre du conseil, Monsieur Aziz Benmaazouk, directeur des opérations, explique le travail de son organisation.

Volume 3, Numéro 1
février
/mars 2000

Dans le présent numéro

L’organisation Internationale du Travail lutte contre la pauvreté à Travers le Micro-crédit

Discours de Sa Majesté la Reine Sofia d’Espagne 

La Mobilisation des Capitaux et en Assurer un Usage Optimal

ZAKOURA: Promouvour le Micro-credit en Afrique du nord

Actualités

La Volonté et Détermination Change des Vies en Inde

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ZAKOURA: Promouvour le Micro-credit en Afrique du nord

[Benmaazouz]

Quels sont les débuts de Zakoura ? Faites-nous une petite historique ?

Zakoura est fondé en 1995 par Noureddine Ayouch, notre Président. Il a fondé Zakoura dans le but d’accorder des prêts à de jeunes diplômés. Cependant, le gouvernement Marocain a initié un programme similaire peu de temps après. Zakoura a alors changé d’objectif pour cibler les démunis avec des prêts de 1000 diram ( 100 USD).

Comment Mr. Ayouch a t-il été informé du microcrédit ?

Mr Ayouch a été informé du microcrédit par Maria Nowack, Présidente de ADIE, France visitant le Maroc. Elle est un membre du Conseil d’Administration de Zakoura.

Quelle sorte de formation reçoit Zakoura ?

Au début nous avons commencé par les moyens de bord. Nous avons reçu des rapports et des manuels du Chili d’une organisation appellée « Fondation Contigo ». Mr Ayouch s’est alors rendu au Bangladesh pour observer Grameen et de là, il a eu l’idée de former des groupes de solidarité. Il s’est mis à appliquer la méthodologie de Grameen à Zakoura. Il y était resté cinq jours et avait passé tout le temps sur le terrain durant toute la durée de son séjour. Après la visite de Mr. Ayouch, Maria Nowak retourna à Zakoura avec deux experts pour former le personnel, qu était au nombre d’approximativement 20 sur la gestion du projet, l’exécution du projet, et les thèmes similaires.

Comment la méthodologie de Zakoura a changé depuis sa création en 1995 ?

Dans l’espace d’un an de la création de Zakoura, l’organisation est passée par des changements importants. Les visites à la fois de Mr Ayouch au Bengladesh et celle de Maria Nawak à Zakoura ont déclenché des changements énormes. Nous avons suspendu de donner des prêts individuels et aux hommes. En addition à ces deux changements, nous avons changé l’objectif de notre activité de prêt. Au début nous travaillions de façon archaïque, faisant des prêts à des zones entières autour de Casablanca. Nous avons décidé de limiter nos activités de prêt aux zones urbaines et rurales ayant une concentration de pauvres, en cessant de faire des prêts à quiconque. En guise du quatrième changement, nous avons institué un système progressiste d’augmentation du montant de prêt. Au début nous faisions des prêts de 1000 à 5000 dirams ( 100 à 500 USD), alors nous avons initié un systéme où nous avons commencé avec des prêts de 1000 dirams et ensuite augmenté le montant après un nombre de termes.

Comment déterminez -vous les communautés à visiter ?

Quand nous arrivons dans une zone, nous recueillons toutes les statistiques disponibles sur la région. Ensuite, nous faisons des études pour évaluer l’accessibilité de la région, voir si la région est pauvre ou si les habitants sont déjà engagés dans un programme de microcrédit.

Combien coûte l’étude du milieu et comment est-elle faite ?

L’étude du milieu est tout à fait simple. Nous n’utilisons pas des études déjà faites ou faisons des interviews. Nous faisons un maximum de deux visites de terrain. Au cours desquelles nous entrons dans les maisons des gens ou, les observons. Nous notons s’il y a des routes ou pas. Nous allons au marché pour observer s’il y a des femmes ou pas. Si non, nous essayons de chercher où sont les femmes. Il est important de noter qu’au Maroc il y a des zones densément peuplées avec des populations extrèmement pauvres. Il y a 5 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il n’est pas alors difficile de décider dans quelle zone avoir un programme de micro-crédit.

Après avoir décidé, quelle sont les étapes à suivre?

Après avoir choisi un site, nous cherchons un agent de crédit du milieu et nous commençons la formation.

Quelles sont les qualifications de vos agents ?

La plupart de nos agents ont le niveau baccalauréat avec deux à quatre ans d’études supplémentaires. Mais ceci n’est pas aussi important que le niveau de motivation, la volonté de travailler pour le Zakoura, la capacité de travailler de longues heures et celle de produire des résultats.

Quelle est la durée de la formation de l’ agent ?

La formation dure un mois. Pour une semaine on leur enseigne la philosophie sur laquelle pivote l’action du microcrédit. Nous mettons l’accent sur les grandes lignes et le manuel des procédures. Après , ils sont envoyés sur le terrain pour travailler avec d’autres agents de crédit, dont certains sont efficaces, d’autres cependant, non.

Comment est ce qu’un agent débute un programme sur le terrain ?

Après avoir complété le programme, il retourne sur son site et organise une réunion avec ses clients. L’agent discute avec les femmes de leurs droits et responsabilités en temps que participants au programme, et les aide à s’organiser elles-mêmes en groupes.

L’agent parle t-il seulement aux femmes ou aux leaders de la zone ?

Au début, l’agent parle seulement aux femmes. L’agent va dans les lieux de rassemblement importants, dans les rues, au marché, devant les domiciles, et essaie de rassembler les femmes pour des sessions d ‘information. A cette session, l’agent essaie de donner des explication sur Zakoura … de même que des concepts tels que le crédit et les intérêts. A ce stade, les femmes retournent chez elles et s’organisent en groupes de solidarité. Après qu’elles se soient organisées en groupe de solidarité, elles retournent chez l’agent. L’agent va vérifier l’information chez chaque femme. L’agent vérifie si la femme est engagée dans une autre activé quelconque, et si non, pourquoi pas, si la femme est pauvre ou pas , et si elle est de bonne qualité morale. La femme ouvre alors un dossier et lui établit une carte d’identité.

Comment Zakoura détermine t-elle le niveau de pauvreté ?

Premièrement l’agent rend visite à la maison pour constater si le foyer est bien meublé ou a un poste de télévision ou un magnétoscope. Si oui la femme ne peut bénéficier de Zakoura. L’agent évalue aussi le niveau de revenu du foyer , qui ne devrait pas être au delà du seuil du niveau national. Le revenu du foyer devrait être de 1500 dirham par mois pour une famille de cinq qui correspond au seuil national de pauvreté ( 31 USD par personne par mois, ce qui est de 1 USD par jour par personne). Après que le dossier soit ouvert, les femmes, en huit groupes de cinq, sont rassemblées pour s’accorder sur le lieu de remboursement du prêt, le jour, et l’heure. Il revoit tous les détails pour qu’il n’y ait pas de possibilité qu’une femme n’arrive pas à faire les remboursements, ou ne réussisse pas dans son projet. Après tout, l’agent et le chef représentant la zone se rendent à une banque commerciale pour toucher les fonds, et les distribuer aux leaders de groupes.

Dans votre plan d’action, vous avez mentionné que 20% de vos clients franchissent le seuil de pauvreté après leur second, troisième ou quatrième prêt. Comment le déterminez vous?

En fait, cela était tout à fait simple. Nous travaillions sur les dépenses et les recettes sur un échantillonnage de 350 femmes qui sont revenues pour leur second, troisième, ou quatrième prêts. Nous nous sommes rendus compte qu’approximativement 20% ont passé le seuil de pauvreté pendant la période de prêt, cette durée étant de six mois.

Je comprends que Zakoura fait partie du programme Microstart de UNDP. Comment arrivez-vous à intégrer le Microstart et quels avantages y tirez vous en tant que membre ?

Nous avons reçu un don de $ 100 000, que nous avons utilisé pour un support institutionnel, comprenant les ordinateurs, la mise à jour des services informatiques, des ateliers. Nous avons aussi loué les services d’une consultante marocaine pour cinq mois, et elle nous a aidé à moderniser et standardiser les méthodologies de Zakoura. Elle a travaillé à débarrasser la structure de Zakoura de petits problèmes.

Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre expérience avec MicroStart ?

Il y a eu de nombreuse visites de terrain par le Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD) et Save the Children et après chaque visite, ils ont fait des rapports détaillés sur les aspects positifs et négatifs du programme avec des recommandations pour une amélioration. Bien qu’il n’y ait pas de changements officiels à la méthodologie de Zakoura, leurs rapports étaient utilisés pour promouvoir de nouvelles idées et susciter des discussions. Au cours des ateliers de Microstart, nous avons appris la gestion du temps, la méthodologie de notations, l’évaluation des impacts. Finalement, Zakoura n’a jamais eu des informations à jour sur le traitement des données. Grâce au don, nous étions capables de créer un réseau informatique avec tous les appareils compatibles.

Pouvez-vous nous dire quelque chose concernant la procédure par laquelle vous êtes passé pour développer votre plan d’action institutionnelle ( PAI) ?

Les objectifs à long termes sont déterminés par un comité de pilotage, constitué par des personnes du conseil d’administration, et du personnel qui se réunissent six à huit fois par an pour prendre des décisions concernant les actions de Zakoura . Le PAI était discuté par le conseil au cours de ces réunions pour les objectifs ultimes de Zakoura. Le comité de pilotage actuellement prépare le PAI.

Dans votre PAI, vous avez indiqué que le nombre de vos clients a triplé de 1997-1998 et doublé de 1998-1999. Vous avez projeté qu’en décembre 2000 vous allez doubler le nombre de clients encore et passer de 13 000 à 27 000 clients. Avez -vous un plan de doubler le nombre de clients ?

En 1998, nous avons mis sur pied un plan de développement, et nous avons constaté chaque année que ce nombre de clients doublait. La Banque Mondiale a aussi publié un rapport mentionnant le fait que nous avons un potentiel de toucher environ 500,000 clients. Au début, Pancho Otero nous a dit que doubler le nombre de clients, pour une organisation de microcrédit , n’est pas inhabituel. Avec cette information, nous avons projeté que nous aurions pu doubler nos clients en l’an 2000.

Quel sortes de défis auxquels vous faites face avec le doublement ou triplement des nombres de clients?

Les défis les plus significatifs sont les procédures de suivi et celles de remboursement de prêts. Avec peu de clients, il était très simple de savoir ceux qui ont remboursé leurs prêts, ceux qui ont reçu leurs suivants. Cependant avec un plus grand nombre, ceci est devenu plus difficile. Il est toujours plus aisé de suivre le premier prêt, mais pour les prêts suivants, les procédures de suivi se révèlent beaucoup plus difficile.

Vous n’avez pas de chiffres montrant l’épargne, bien que vous indiquiez que vous les avez. Pourquoi cela?

Au Maroc, les institutions de microcrédit ne sont pas autorisées à collecter les épargnes. Comme alternative, nous encourageons les gens à placer leurs épargnes à la caisse d’épargne locale. Cependant , bien que nous connaissions celui qui épargne, nous n’avons pas les moyens de savoir le montant épargné, mais nous encourageons nos clients à économiser

Vous avez fait mention d’avoir atteint 52% d’autonomie. Comment êtes-vous arrivé à ce chiffre ?

Très simple nous avons suivi la méthodologie proposée par le CGAP dans leur rapport et nous en étions très satisfaits.